L'ancien principal du collège de Salazie jugé pour agression et harcèlement sexuel

Plusieurs anciens professeurs du collège Lacaussade à Salazie et du personnel se sont portés parties civiles dans cette affaire où la morale va sans doute flirter avec le droit pénal. Quatre victimes féminines se sont également déclarées et souhaitent que la justice les reconnaisse en tant que telles.
Le scandale qui a, au passage, éclaboussé l'Éducation nationale a éclaté en 2018 après que plusieurs enseignants ont rapporté les propos et les comportements déplacés de leur supérieur.
Une enquête administrative avait ainsi été diligentée par le rectorat. Pendant celle-ci, milieu 2017, le quinquagénaire avait été suspendu de ses fonctions pour quatre mois avant de reprendre le fauteuil de principal qu'il occupait depuis sept ans, le 29 janvier 2018, jour de la rentrée scolaire.
Son retour avait choqué et débouché sur une première plainte à la gendarmerie de Salazie par une enseignante. D’autres plaintes auraient suivi, y compris au parquet de Saint-Denis. Début février 2018, la compagnie de gendarmerie de Saint-Benoit diligentait une enquête et procédait à des dizaines d’auditions de victimes et de témoins.
Lors de ses premières auditions, l'agresseur sexuel présumé avait reconnu certains faits avant de se rétracter et de dénoncer une cabale contre lui, où politique et relations privées se seraient mêlées. Un revirement qui aurait joué, à l'époque, sur la décision de le placer sous les verrous.
Une perquisition avait par ailleurs permis de saisir son téléphone portable montrant une quantité d’appels et de SMS passés, y compris en pleine nuit, à certaines plaignantes. Les textes des messages seraient sans équivoque. Des vidéos suggestives et un fouet auraient également été saisis, ce qui confirmerait la thèse d’un homme à la sexualité brutale et exigeante plusieurs fois évoquée lors des audiences de la chambre d’instruction, au cours desquelles le principal avait demandé qu'on le remette en liberté. "Un individu qui ne contrôle pas sa sexualité au mépris de la personne humaine", avait notamment fustigé la représentante de la société.
Chacun va donc pouvoir ce vendredi livrer sa version des faits.


