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Petit trafic de cafetières avec du cannabis en guise de café: 3 ans de torréfaction

Un jeune homme de 29 ans comparaissait ce vendredi à Champ fleuri dans le cadre de la comparution immédiate pour des faits de trafic de stupéfiants. Il avait trouvé un filon pour se faire envoyer le produit par Chronopost, jusqu'à ce que les douanes ne se rendent compte de son manège.
Ecrit par Régis Labrousse – le vendredi 6 mai 2022 à 19H46

Bryan M., 29 ans, a un petit business qui semble bien tourner. Il achète des cafetières sur internet, les fait livrer à la Réunion et les revend plus cher. Tout se passe bien jusqu'à ce que les services des douanes contrôlent son colis. Les douaniers trouvent bien une cafetière mais ils trouvent également de la résine de cannabis en guise de café. Le colis contient 10 petites savonnettes de 100g dans un emballage sous vide. Les agents referment le colis et les laissent repartir jusqu'à son destinataire. Le 3 mai, le colis est récupéré par Bryan M., qui est interpellé par les douanes. 

"Les douaniers remontent la trace de dix colis Chronopost au total"

Le prévenu dément et s'étonne du contenu de son colis concernant la marchandise supplémentaire avant de retrouver la mémoire face aux évidences. En effet, les douaniers remontent la trace de dix colis Chronopost au total. En garde à vue, Bryan M. explique que les envois ont commencé au début de l'année avec de petites quantités et qu'à partir du cinquième colis, voyant que tout se passait bien, les quantités ont augmenté.

Il indique également qu'il gardait la moitié pour sa consommation personnelle - 20 joints par jour - l'autre étant destinée à la vente qu'il effectuait lui-même. Le dixième et dernier colis contenait 1 kilo de résine de cannabis. Le total des envois faisait 2,7 kg pour les dix colis. 

"À 30 ans j'allais tout arrêter"

"À 30 ans j'allais tout arrêter", explique-t-il à la présidente qui lui rétorque : "c'est dommage c'est dans deux mois. 10 transport en quelques mois, vous n'y allez pas par le dos de la cuillère ! C'est digne d'un professionnel d'autant que vous n'avez pas de casier judiciaire. Vous commencez fort".

Le prévenu explique aussi au tribunal qu'il n'envoie pas d'argent en échange de la drogue et ajoute : "après le premier colis, il y a la confiance qui s'installe". La procureure de la République réagit vertement : "recevoir des cafetières gratuitement, c'est un peu étonnant. On ne crée pas la confiance mais une dette, c'est ça le trafic Monsieur !".

Le parquet requiert 3 ans de prison dont 18 mois assortis d'un sursis probatoire, une amende douanière de 10.220€ ainsi que le maintien en détention. 

"Il a été harponné petit à petit dans ce trafic"

"Il a un soucis avec sa consommation de stupéfiants qu'il a commencée jeune, et elle s'est accentuée au fil du temps. Il a été harponné petit à petit dans ce trafic qui vient de métropole. Heureusement, l'interception de ce colis a interrompu le trafic. Il a tout reconnu et n'est pas connu de la justice. Il ne fait pas partie d'un réseau", plaide la défense qui demande une peine aménageable. Le tribunal, après une longue délibération, condamne le prévenu et suit intégralement les réquisitions du parquet. 

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