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Assassinat de Maximin Chane Fane: Les accusés incapables d'expliquer leur extrême cruauté

Appelés à la barre au deuxième jour de leur procès, Georget et Kévin Hoarau, accusés d'avoir sauvagement assassiné Maximin Chane Fane en mars 2019, n'ont pas été en mesure d'expliquer pourquoi ils l'ont attiré dans un guet-apens avant de l'égorger et de larder son corps de multiples coups de couteau.
Ecrit par Isabelle Serre – le mardi 15 mars 2022 à 13H10

Ni excuses, ni circonstances atténuantes. Les interrogatoires de Georget et Kévin Hoarau ne permettront pas de comprendre qu'elle fût leur réelle motivation dans le massacre de leur propriétaire, Maximin Chane Fane. 

Ce mardi matin, à la barre de la cour d'assises, c'est la fille de la victime, assassinée le 3 mars 2019, qui a été appelée la première à la barre. La jeune femme très émue a livré un vibrant hommage à son père. Vêtue d'une robe longue blanche, Joanne a décrit un homme simple qui avait des valeurs. Celle de la famille d'abord à laquelle il consacrait beaucoup de temps et entourait de délicates attentions. "Il fallait toujours rester droit dans ses bottes" nous disait notre père. Celle de l'honnêteté et de la solidarité ensuite.

Mon père : cette force tranquille

Car lors de l'arrivée des Hoarau père et fils dans la maison qu'il avait accepté de leur louer à Saint-Louis, Maximin Chane Fane avait accepté de descendre le prix du loyer pour leur être agréable et tenir compte de la situation. Georget exerce la profession de boucher et son budget est serré. Depuis janvier 2019, il héberge son fils Kévin, un jeune sans avenir, charcutier traiteur de formation mais qui n'a même pas fait un dossier afin de percevoir les minima sociaux.

Les deux hommes tiraient le diable par la queue. "On avait acheté des meubles à Maximin. On lui devait deux mois de loyer. Et on devait aussi de l'argent à mon patron qui nous avait aidé à payer le logement les premiers mois", explique Georget Hoarau, second à être appelé à la barre de la cour d'assises en ce deuxième jour de procès.
 

Cruauté gratuite absolue

Ti pas, ti pas, le président de l'audience, Michel Carrue, revient sur des faits d'une cruauté gratuite absolue.
Mais Georget Hoarau, la cinquantaine, est incapable d'y apporter la moindre explication rationnelle. Celle qui pourrait par exemple permettre à la famille de Maximin Chane Fane de comprendre. Mais l'accusé lui-même ne comprend pas. Sur cette matinée abominable, sa mémoire est "clignotante" ainsi que le note la cour.

Ce 3 mars 2019, le père Hoarau décide de tendre un piège à son propriétaire. Il l'invite chez lui à venir parler de ses dettes, le fait assoir dans le salon. Pendant ce temps, Kévin attend tranquillement dans la salle de bain, son couteau tranchant en main. Lorsque tout est en place, il assaille Maximin par derrière et lui plante le couteau à désosser dans le dos. "Il est tombé de sa chaise et s'est enfui dans la cour", ânonne le jeune accusé appelé à la barre à la suite de son paternel. Les deux hommes l'avaient rattrapé au niveau du portail de la maison où Maximin, gravement blessé, venait de s'effondrer. La suite est macabre.

Un scénario décidé dans la matinée et mis à exécution

"Vous avez donné 20 coups de couteau en tout, rappelle l'avocate générale, dont 14 dans le dos et le thorax de la victime". Maximin Chane Fane avait chuté face contre terre. Les deux assassins qui avaient prémédité leur coup depuis le matin l'avaient trainé par les jambes dans un coin plus tranquille. Le malheureux avait alors reçu d'innombrables coups de pied de la part du plus jeune dans la mâchoire. "Vous avez manipulé le corps de cet homme alors qu'il était vivant, puis mort", fustige la représentante de la société, Simona Pavel. Georget et Kevin ne peuvent qu'acquiescer.

Ils comparaissent libres suite à une erreur de procédure

Après leur crime, les deux hommes avaient jeté un tee-shirt propre sur le visage de leur victime, égorgée à trois reprises sur une profondeur de 30 centimètres. "C'était pour ne pas voir ce que vous aviez fait?", questionne le président. Père et fils, les pieds baignant dans une mare de sang, avaient ensuite fait les poches de leur victime, volé les clés de sa voiture et étaient partis se promener.

A Saint-Pierre, puis aux Makes, ils avaient bu un verre avec un ami. Ce dernier a témoigné que les deux hommes qui venaient de commettre l'irréparable avaient "l'air calme, comme d'habitude". Ils avaient bu des bières et joué au billard. "C'était un cauchemar. Je ne pouvais pas imaginer que ce qu'on a fait était réel", a commenté Kévin Hoarau.

Les deux accusés comparaissent libres à leur procès pour assassinat. Suite à une erreur de procédure, tous deux ont été libérés à l'issue d'un an de détention provisoire. Placé sous bracelet électronique, Kévin Hoarau qui se réclame de problèmes d'alcool était encore alcoolisé les jours précédant cette audience. Ce que la cour n'a pas manqué de lui faire remarquer.

Ce mardi après-midi, la parole est donnée aux différents experts ainsi qu'aux enquêteurs de personnalité avant les plaidoiries et les réquisitions attendues demain. Le verdict devrait tomber en fin de journée.

Georget et Kévin Hoarau encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

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