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Ils se font passer pour des gendarmes et escroquent une dizaine de victimes
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Se faisant passer pour un adjudant des forces spéciales et une commandante de gendarmerie, un couple organisait des formations qu’il vendait une petite fortune. Onze pigeons sont tombés dans le panneau.
Ecrit par Isabelle Serre – le mardi 8 février 2022 à 17H34

C’est un préjudice de 130 000 euros qui est reproché à Elisée A. et sa compagne Ingrid R. Une supercherie peu ordinaire les ont amenés, de septembre 2019 à mai 2021, à proposer de fausses formations de garde du corps pour des VIP, de convoyeurs de fonds, et de préparation militaire. Ils les vendaient 17.000 euros pièce.
L’arnaque était très bien huilée. Les stagiaires signaient un contrat et une fiche pédagogique était éditée pour chacun des programmes dispensés. En plus, les "formateurs" fournissaient tout l’équipement : les tenues, les badges à l'effigie de Marianne, les matricules, les gilets pare-balles. "Les uniformes ça fait toujours rêver", justifie l'instigateur qui se faisait passer pour un adjudant aux forces spéciales de gendarmerie. "Par amour", sa compagne qui était commandante de gendarmerie pour l'occasion amenait de l’eau au moulin de son acolyte.
Mais ce n’est pas tout. Des travaux pratiques faisaient partie intégrante du programme. Et à titre d’exemple, pour accueillir et assurer la sécurité des VIP, il fallait fournir les "Escort girl". Les stagiaires étaient invités à les essayer avant. Les filles en question étaient en réalité des prostituées.
D’autres acteurs jouaient sans le savoir le rôle de psychologue pour des soi-disant mises en situation et étaient rémunérés pour leur participation environ 200 euros par séance.
"Lors des séances d’entraînement, mon client m’a raconté qu’ils leur arrivaient de rencontrer des policiers et des gendarmes", a indiqué la bâtonnière Léopoldine Settama.
Monter un fichier de prostituées certifiées
Une des victimes a payé 20.000 euros pour une mission de surveillance de la NRL qui était censée lui être remboursée au fur et à mesure de sa formation. Ce qui n’a bien sûr jamais été le cas. "Ce jour-là, l’adjudant est venu armé, accompagné de sa (fausse) brigade, en disant à mon client que s’il n’accomplissait pas cette mission, il aurait une mauvaise note", explique un des avocats des victimes.
Mission de surveillance de la NRL
La plupart des escroqués, suffisamment naïfs pour se persuader qu’ils deviendraient titulaires de la gendarmerie en deux ans, ont fait des crédits importants pour y accéder. Du côté des deux prévenus de 32 ans, les sommes ont été claquées au casino de Saint-Denis, ont épongé des dettes ou ont permis l’achat d’un véhicule 4x4. Tout en percevant les minima sociaux. Jugé ce mardi devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis, le couple a reconnu tous les faits.
Il s’inspire de vidéos sur internet
Elisée A., agent de sécurité à la base, a expliqué avec un certain génie qu’il avait tout conçu "en trouvant son inspiration en regardant des 'tuto'" sur internet. Sa compagne, déjà condamnée pour de la falsification de documents, avait besoin d’argent "pour faire les courses".
Le représentant de la société a proposé au tribunal des peines intégralement assorties d’un sursis probatoire : 24 mois pour elle et 30 mois pour lui avec obligation de rembourser les victimes sous peine d’être incarcérés. Le tribunal a choisi de leur infliger la même peine assortie d'une obligation de travail et d'indemnisation des victimes. Les faux gendarmes sont condamnés à 30 mois de prison avec sursis probatoire. Sans un remboursement progressif des victimes, ce sera case prison.
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