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Pros et anti-incinérateurs continuent d'enflammer le débat

Ecrit par zinfos974 – le mardi 10 août 2010 à 15H57

Incinérateur ou pas? Notre Département n'a pas encore tranché et cette question continue d'alimenter la polémique largement relayée par les médias. Encore aujourd'hui, le conseiller régional, Dominique Fournel, affirme dans le Jir que la porte n'a volontairement pas été fermée à l'incinération, en réaction au projet de révision du PDEDMA (Plan Départemental d’Elimination des Déchets Ménagers et Assimilés) adopté, hier, à la majorité.

Il y a une semaine, alors que les Réunionnaises et Réunionnais fêtaient l'inscription du dossier "Pitons, cirques et remparts" de la Réunion au patrimoine mondial de l'Unesco, les Verts Réunion s'étaient empressés de rédiger un communiqué demandant que cette fête ne soit pas un jour ternie par la sortie de terre d'un incinérateur...

Ancien président et membre actif d'Ecologie Réunion, Adrien Bédier étudie depuis plusieurs années les différents projets d'incinérateur qui auraient pu voir le jour à la Réunion. Clairement partisan de la mise en place d'une centrale d'incinération à la Réunion, il a notamment fait partie de deux missions composées d'élus, de professionnels et de membres associatifs en 2004, puis en 2006, et envoyées par le Conseil général pour aller observer les différentes usines d'incinération en métropole.

Non à l'incinérateur pour ne pas perdre des voix d'électeurs...

Aujourd'hui, Adrien Bédier pose un regard très critique sur nos élus: "Rien n'avance, je m'aperçois que tous nos projets ne sont encore que des rêves", avait-il un jour lancé à l'occasion d'une réunion au Conseil général, regrettant notamment que la course aux bulletins électoraux ne vienne empêcher la concrétisation de ce qu'il considère comme la réponse, saine et durable, de la problématique du traitement des déchets sur notre île.

Pour Adrien Bédier, les élus auraient une fâcheuse tendance à donner une image erronée de l'incinérateur à des fins politiques : "Je suis convaincu que les élus, pas ignorance ou à des fins politiques, finissent par renoncer à inscrire dans leur programme la mise en place d'une usine d'incinération pour ne pas se mettre à dos leur électorat".

D'où vient cette peur de l'incinérateur? Il faut remonter avant 1988 où un grand nombre d'incinérations de Normandie se sont avérées être productrices de dioxine. A l'époque, avaient été constatés des dégâts majeurs sur la santé d'hommes et de femmes tels que des malformations, des cancers...
Toutes les usines avaient alors cessé de fonctionner. Depuis, les connaissances scientifiques et les méthodes nouvelles auraient permis d'empêcher tout risque sanitaire et à ce jour, la France compte 130 usines d'incinération.

En 2006, une député socialiste de Poitiers s'était adressée à Nelly Ollin, alors ministre de l'Environnement, à l'Assemblée nationale. La question posée était de savoir si les incinérateurs comportent un risque sanitaire. La réponse, sans détour, de Nelly Ollin a consisté à dire que "depuis 2002, les incinérateurs respectent les règles les plus strictes et leur garantie, en tout cas aujourd'hui, c'est qu'ils sont aux normes et avec une haute protection de l'Environnement et de la Santé. Les études INVS confortent l'action qui a été engagée et démontrent que les incinérateurs sont aux normes et ne présentent donc pas de risques sanitaires".

Des médecins méfiants

Adrien Bédier s'appuie aujourd'hui sur les retours d'associations, d'habitants et de professionnels de villes métropolitaines possédant une centrale d'incinération pour démontrer les progrès effectués. Il affirme ainsi que ce système fait désormais ses preuves et dénonce une désinformation des politiques. "Je me bats contre les idées reçues comme celle qui est de dire que l'incinérateur ne détruit pas ou encore qu'il empêche le tri des déchets en amont. Tout cela est totalement faux et certains en ont fait la preuve", souligne-t-il.

D'autres préfèrent se dire aujourd'hui contre l'incinérateur tant que des doutes subsisteront, c'est le cas des médecins de l'ARMSE (Association Réunionnaise Médicale Santé Environnement). Ils sont une soixantaine à la Réunion a avoir apposé leur signature pour dire "non" à l'incinération, quand l'Ordre National des Médecins, "par principe de précaution" a demandé un moratoire sur la construction d'incinérateurs...

La Réunion rejoindra-t-elle la Martinique (DOM) et Saint-Barthélémy (COM) déjà équipées d'usine d'incinération? La Région Réunion évoquait, hier, l'étude actuelle d'un incinérateur pour certains déchets hospitaliers et de soins, soit environ 1.500 tonnes de déchets collectés par an à la Réunion...

 

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