De La Réunion vers la Suisse pour un suicide assisté

Le Réunionnais de 84 ans commençait à être sujet à des pertes de mémoire, souffrait de camptocormie, maladie dite du dos courbé, et était bien décidé à mettre un terme à sa vie.
"C'est une souffrance permanente, je n'ai plus aucune joie de poursuivre cette vie”, a-t-il confié à RTL France.
Le gouvernement suisse autorise cette pratique qui reste très encadrée. La personne doit être capable de discernement et son choix de mourir doit être lié à une grave souffrance.
Accompagné de sa fille et de sa petite-fille, et soutenu par une association, Paul s’est donc rendu en Suisse pour y avoir recours.
Mourir dignement, le choix de Paul
Pour payer ce dernier voyage et régler les 10.000 € nécessaires, Paul a dû vendre sa maison. Celui qui aurait préféré mourir chez lui, à La Réunion, a témoigné pour RTL France, espérant un changement de la situation : il faut "changer la loi pour que les personnes aient le choix du reste de leur vie, que ce choix de partir soit reconnu", a-t-il déclaré.
Sur place, le Réunionnais a assisté à un premier rendez-vous avec le médecin mandaté par l’association suisse Eternal Spirit. Au cours de cette consultation, le médecin lui a posé plusieurs questions relatives à sa lucidité avant d’évoquer la fin de vie.
"Quand avez-vous commencé à réfléchir au suicide assisté ?", lui a demandé le médecin. Paul a déclaré avoir fait son choix très précisément le 30 juillet 2020 : "Le jour de la mort de ma femme", rapporte RTL France. Il a avoué avoir pensé au suicide mais la peur de se rater et de peiner ses proches l'en a détourné.
Quelques heures avant son dernier souffle, le Réunionnais a déclaré : "Là je m'en vais, je vais leur faire beaucoup de peine, mais ce sera une fois et définitivement. Je les 'libère'".
Un dernier voyage sans souffrance
Après avoir ouvert la perfusion contenant le médicament létal, la vie de Paul s’est achevée, en sécurité et sans souffrance, comme il l’avait souhaité, entouré de sa fille et de sa petite-fille.
Témoin de la dégradation de l’état de son père, Maryline, sa fille, l’a accompagné tout au long de ce dernier voyage. "Il aurait été insupportable de rester à La Réunion et de savoir qu'il partait sans que je sois à ses côtés", a-t-elle expliqué à RTL France.
Elle a pu rester auprès de son père jusqu'au bout. “Je suis contente pour lui, c'est pour ça qu'on l'a fait. (...) Ça n'empêche pas d'être malheureuse, mais je ne me plains pas", a-t-elle confié à RTL France, émue.


