Revenir à la rubrique : Société

Les Chroniques de Tonton Jules #71

Quand on fait les comptes, chaque semaine que nous concocte un démiurge malicieux, il y a bien plus de nouvelles décoiffantes que de celles laissant croire qu’il y a encore un espoir pour cette fichue humanité, laquelle marche de plus en plus sur la tête. Et à l’envers en plus. Pour la dernière, le score est de 4 à 2. Allez, une bonne pour commencer. Elle me plaît bien, celle-là…
Ecrit par zinfos974 – le lundi 20 septembre 2021 à 12H42

Nigéria : échecs contre échecs

Mat, petit roc, échec au roi, un fou qui perd la boule… C’est au Nigéria, un des pays les plus pauvres au monde (malgré du pétrole qui ne profite qu’aux puissants) que ça se passe ; mieux : dans un des plus effroyables bidonvilles tous pays confondus. Un Nigérian, Toundé Omakoya, grand champion d’échecs dans le monde, professionnel, a décidé de consacrer la plus grande part de ses gains à créer des clubs d’échecs pour les jeunes sans espoir ni avenir. Il a tout payé, les locaux, les centaines d’échiquiers (car les volontaires sont légion !), tables, chaises, jusqu’au dédommagement des centaines d’enseignants bénévoles venus lui tendre la main.

C’est propre, c’est beau, ça fait vibrer le moral. « Ces jeunes avaient perdu tout espoir, leurs parents n’ayant pas de quoi les scolariser. Il était indispensable de leur faire comprendre qu’ils n’étaient pas des bons-à-rien ; qu’ils avaient une intelligence et qu’elle leur était profitable. Tous, certes, ne deviendront pas des champions, mais je décèle déjà chez beaucoup d’entre eux des facultés phénoménales ». Il n’était que de constater l’immense concentration chez des jeunes âgés souvent de moins de 10 ans. L’un de ces derniers, beau comme un jeune dieu, a dit avec un sourire désarmant : « Si je peux gagner un peu d’argent en compétition, je vais aider mon papa et ma maman… et puis je deviendrai docteur pour soigner les pauvres ». Je suis un très mauvais joueur d’échecs et ce moutard me battrait sans aucun doute en trois coups. Mais ce qu’il a dit m’a fait très chaud au coeur. Toundé Omakoya, retenez ce nom… un gars dans la veine de Pedro Opelka.

Sous-marins australiens : les guerres commencent comme ça !

Il y a la Chine. En-dessous l’Indonésie et, plus Sud encore, l’Australie. La Chine n’a même plus la fausse pudeur de cacher ses visées de domination totale de l’Asie du Sud-Est… avant d’acheter sinon de conquérir le reste de la planète ! Seuls les angéliques soixante-huitards balbutieront le contraire. Pas naïfs, les Australiens se voient en première ligne et ont acheté des sous-marins aux Yankees. Ce qui, évidemment, fait rugir les Européens : « Akoz i achète pas èk nous ? »

Ça, je m’en contrefous. Ce qui effraie, en revanche, c’est le réarmement généralisé de la planète. Ça ne sera peut-être pas pour demain, mais pour après-demain sûr. L’Allemagne, le Japon, se sont réarmés dans les années 30 et on y a eu droit. L’Australie a-t-elle tort de se prémunir ? Non bien sûr. Mais ça signifie que nous allons en prendre plein la gueule pour pas un rond, avant même qu’El Nino ne nous envoie par le fond. « A4 Sous-marin - Touché - B6 Torpilleur - Touché - Terre - Coulée ! »

Elections démocratiques en Russie

L’ex-maître du KGB Vladimir a trouvé une bonne façon de se faire réélire. Il fait annuler les candidatures de ses adversaires. J’aimerais demander à Depardieu, lequel semble avoir une cervelle peu en rapport avec sa bedaine (un petit pois contre deux tonnes de connerie) s’il oserait encore prétendre aujourd’hui que « Vladimir Poutine est un grand démocrate » ?

Touristes friqués dans l’espace

Voilà de petites agapes extra-atmosphériques qui laissent rêveur. Ils ont de la chance, ces « touristes » à qui un milliardaire a offert un petit crapahut au-dessus de nos tronches. J’avoue que si on m’avait proposé de m’envoler gratos direction les étoiles, je n’aurais pas mis 5 secondes avant… d’accepter. Là n’est pas la question. J’explique… Pour inviter ses amis des les étoiles, le milliardaire a casqué quelques dizaines de millions de dollars par personne. A quoi s’ajoutent les centaines de millions, voire de milliards pour l’engin, les techniciens, la logistique etc.

Que l’on me comprenne bien, je suis pour l’exploration spatiale. Elle nous aide à savoir d’où on vient et s’il y a d’autres trombines -à-antennes-vertes proches des nôtres, quelque part au-delà du Grand-Chien. Mais pour l’heure, les millions de bidonvilles sur la planète, la pollution, la pauvreté, les pandémies, le capitalisme sauvage… c’est pas plus urgent ? Greta Thunberg a encore du boulot.

Déconfinement : les conneries repartent !

Le confinement, pour aussi désagréable qu’il fût, a eu ceci de bon qu’il a permis de comprendre qu’il fallait changer de mode de vie. Lorsque des Réunionnais furent interrogés par mes collègues et amis journalistes, ils ont été quasi unanimes à dire : « Oui ! On va vivre différemment ». C’est sûr. Dès qu’il y eut déconfinement, les files d’attente se sont allongées devant MacDo. De même que les embouteillages dans tous les sens. Et les achats de bouteilles d’eau sous plastique et de cuisses de poulets-gonflées-à-la-pompe-à-vélo par caisses de 50 dans les supermarchés ! Lorsque de nombreuses personnes ont dit « On veut retrouver la vie d’avant », ben ils l’ont retrouvée.

Heureusement qu’il reste les amis !

Hier, la limite des 5 km étant levée, la plupart des gens s’est précipitée vers les plages au lieu de penser qu’en même temps, il y avait la Journée du Patrimoine. Nous, les scribouillards locaux, avions eu droit à des tonnelles dans la cour de la vieille mairie de Saint-Denis. Ben, des chats maraudeurs, y’en a pas eu des tonnes. Quelques-uns quand même. Et hier dimanche, j’ai eu l’immense plaisir de voir débarquer de vieux amis. Ce fut d’abord le génial Guillaume Legras, gêné quand on lui dit qu’il est un des meilleurs guitaristes de La Réunion. Et puis, immense surprise, Paul Mazaka, le grand Paul Mazaka. Sans commentaire. Voilà, à la semaine prochaine, les amis.

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :