Il y a 20 ans, le 11-Septembre

C’était un mardi matin à New York. Le ciel était bleu sur la Grosse Pomme qui bénéficiait encore d’un reste de l’été qui venait de se terminer. Des milliers de personnes se rendaient à leur bureau qui se situait dans les deux tours jumelles, les plus hautes du pays, qui composent le World Trade Center.
À 8h46, un bruit inhabituel va résonner dans l’Histoire pour toujours. Un avion de ligne vient de percuter la tour nord du World Trade Center entre les 93e et 99e étages. Bien qu’internet ne soit encore qu’à ses balbutiements, l’information fait rapidement le tour du monde par les médias.
Ce qui n’est alors perçu que comme un accident va rapidement faire l’objet de directs à travers le monde, dont La Réunion au travers de France Télévisions. La panique gagne la ville et le président américain, Georges W. Bush, en visite dans une école maternelle en Floride, est prévenu de la situation.
Pas un accident, mais bien un attentat
À 9h03, l’effroi. Alors que le monde a les yeux rivés sur Manhattan, un deuxième avion fait son apparition dans le ciel avant de s’encastrer dans la seconde tour. À cet instant, tout le monde comprend : il ne s’agit pas d’un accident, mais bien d’une attaque terroriste. La panique est générale dans la ville.
Pour la première fois de l’histoire, une attaque terroriste pouvait se suivre en direct. Les images en direct de personnes se jetant des fenêtres glacent le sang. Mais la journée fatidique est loin d’être terminée.
À 9h37, un avion s’écrase sur le Pentagone à Arlington en Virginie. Les Américains comprennent que l’attaque ne se focalise pas uniquement sur New York.
Il est 9h58 lorsque la tour sud du World Trade Center s’effondre sur elle-même. Moins de 5 minutes plus tard, des passagers d’un vol parti de Newark comprennent que leur avion a été détourné. Ils vont tenter de maîtriser les 4 pirates de l’air, mais l’un d’entre eux parvient à écraser l’avion dans un champ à Shanksville en Pennsylvanie.
À 10H28, la seconde tour du World Trade Center s’effondre, enveloppant la ville sous un nuage de cendres et le pays d’une vague de terreur.
À 11h02, le maire de New York demande l’évacuation de Manhattan. Des dizaines de milliers de personnes fuient la zone. Pendant ce temps, le président américain met les forces armées en alerte. La ville de Washington est placée en état d’urgence.
Vers 17H, c’est l’immeuble 7 du World Trade Center qui s’effondre. Au total, cette journée aura fait 2.977 morts, mais surtout, elle aura marqué une nouvelle étape dans l’histoire du monde.
Deux guerres... pour rien
Rapidement, le responsable de ces attentats est identifié : Oussama Ben Laden. Au travers de son organisation Al Qaida, il est le commanditaire de cette attaque terroriste. Selon les autorités américaines, il se trouve en Afghanistan, tenu par les talibans depuis 1996.
Le gouvernement va rapidement organiser la riposte avec l’opération "Justice immuable". L’invasion de l’Afghanistan et la chute du régime taliban sont les objectifs affichés par les Américains et leurs alliés. Ils ne le savent pas encore, mais il va s’agir de la plus longue guerre que les États-Unis ont connue.
En 2003, l’Irak est accusé de détenir des armes de destruction massive et d’avoir un lien avec Al Qaida. Une opération militaire est organisée pour faire tomber le régime de Saddam Hussein. Une guerre qui aura divisé la communauté internationale, notamment la France qui s’oppose à cette opération militaire.
Si le régime du dictateur irakien est rapide, la reconstruction, tant structurelle que démocratique, est longue et peu efficace. Surtout, les Américains vont commettre une erreur fondamentale. Dans les prisons irakiennes, ils vont enfermer les anciens militaires du régime et les intégristes islamistes. La rencontre de ces deux factions, pourtant antagonistes à l’origine, va donner naissance à Daesh.
Ironie de l’histoire, la France, qui s’est opposée le plus à la guerre en Irak, est le pays occidental qui a le plus subi les conséquences de cette guerre. Daesh ayant commis plusieurs attentats sur le territoire national, comme le rappelle l’ouverture du procès des attentats du 13 novembre 2015.
La fin de l’hégémonie américaine
Lorsque le soleil s’est levé ce mardi 11 septembre 2001, le monde avait l’image d’une Amérique invincible avec la chute de l’URSS 10 ans plus tôt. Rien ne semblait pouvoir ébranler la puissance de l’oncle Sam.
Avec ces attentats, l’image d’infaillibilité des États-Unis est réduite à néant. Surtout, l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, où l’objectif affiché était d’implanter la démocratie, s’est avérée être un échec malgré les centaines de milliards investis et les dizaines de milliers de pertes humaines.
Surtout, le retour des talibans en Afghanistan avec le retrait éclair des troupes américaines livre une impression de défaite. Malgré leur hyper puissance, les Américains ont failli comme au Viet Nam.
Initié par Donald Trump, le retour à l’isolationnisme, comme avant la Seconde Guerre mondiale, semble être la tendance. Le pays ne voulant plus jouer le "gendarme du monde".
Le 11 septembre marque donc un point de rupture historique dans le fonctionnement du monde où l’Occident perd progressivement son influence et voit l’émergence d’un nouveau rival : la Chine.


