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"Vous êtes déjà dans le mangé cuit", "St-André n'est pas Pêche Avenir": Bédier et Virapoullé se rendent coup pour coup

C'est devant un public restreint que s'est tenu ce vendredi au gymnase de la Cressonnière le dernier conseil municipal de l'année à Saint-André. L'occasion pour la majorité de Joé Bédier de dévoiler enfin les engagements des projets de la nouvelle mandature. Ces derniers ont été examinés à la loupe par l'opposition, intervenue à de nombreuses pour demander des explications, avec des débats toujours aussi électriques entre le maire et Jean-Marie Virapoullé.
Ecrit par zinfos974 – le samedi 19 décembre 2020 à 06H00

Parmi les 76 rapports à l'ordre du jour: le passage à temps plein des agents contractuels de plus de 62 ans et plus, la création de quatre conseils de quartiers sur la commune, la création d'écoboxes sur le centre-ville et dans les quartiers ou encore la construction d’un espace artistique et culturel incluant le site de la Maison Loupy et la salle Guy Alphonsine.

Agents municipaux: Temps plein et prime Covid

Sur le premier point, voté à la majorité, Joé Bédier et son équipe ont souhaité "mettre fin à une injustice" après avoir constaté que de nombreux agents de la collectivité à temps partiel, 44 précisément, qui percevaient une rémunération comprise entre 690 et 890 euros mensuels et "travaillant depuis 25, 30, 40 ans et plus", pouvaient avoir plus de difficulté à valider 4 trimestres par an "et donc à acquérir les 172 trimestres requis pour bénéficier d'une retraite à taux plein". Bonne nouvelle pour ces agents, la nouvelle équipe municipale a décidé du passage à temps plein "pour l'ensemble des agents de 62 ans et plus" en fin de carrière et ayant 28 années d'ancienneté. Un passage à temps plein qui leur permettra de bénéficier d'une augmentation moyenne de 450 euros bruts mensuels. La majorité étudie également un plan de revalorisation pour les agents de la collectivité toujours au SMIC "et ayant 10 ans d’ancienneté et plus". Sur les titularisations qui pourront être réalisées au cours de la mandature, "le critère principal sera l’ancienneté, quel que soit le service où travaille l’agent", précise-t-elle encore.

À noter que lors de ce conseil, les élus ont enfin validé la prime covid attendue par les agents ayant été mobilisés lors du confinement entre mars et mai 2020. Le coût total de cette prime est estimé à 67 642 euros, une somme à répartir entre les 142 agents concernés.

Démocratie citoyenne

Concernant la création des conseils de quartiers, voulu par Joé Bédier pour "favoriser la démocratie participative et une plus grande implication des citoyens à la vie de la cité", ces derniers seront constitués dans les secteurs suivants: centre-ville, Cambuston/Bois Rouge/chemin de l'Étang, à la Cressonnière et enfin, chemin du Centre/Fayard. Les quatre adjoints de ces futurs conseils de quartiers seront nommés ultérieurement, faisant dire à l'opposition que le maire s'est "précipité".  "Cette précipitation se ressent dans rapports suivants en fixant le nombre d'adjoints à quatre. Vous n'arrivez pas à nommer des adjoints dans les quartiers précités. On est dans le flou total", regrette Jean-Marie Virapoullé. "On posera les bases d'une proximité", lui a rétorqué Joé Bédier, qui ne comprend pourquoi on lui demande "de se précipiter, alors qu'en un demi-siècle rien n'a été fait".

Dispute autour de la Maison Valliamée

Majorité et opposition se sont également longtemps pris le bec sur le devenir du site de la Maison Valliamée. La mairie, qui dispose d'un foncier de 8 hectares sur le site, envisage de faire du lieu une zone attractive en terme d'activités de loisirs et de restauration. Le projet comprendra notamment un restaurant gastronomique au sein de la maison mais aussi l'aménagement d'un espace boisé valorisant les épices, les plantes à parfums et médicinales au niveau du jardin. Aux abords du domaine, la municipalité a également pour ambition la création d'un cinéma multiplex, d'un espace de restauration, d'un espace évènementiel et d'un espace d'hébergement touristique. "Le projet proposé devra être également conforme aux prescriptions édictées par la présence d'un monument classé donc en accord avec les services de l'Etat", précise le rapport présenté aux élus, la Maison Valiamé étant classée monument historique depuis 1983.

"Un Colosse comme un parc cabri"

Un projet qu'a très sévèrement critiqué Alain Sinaretty, qui y voit un "attentat" contre l'aménagement du centre-ville. "Vous souhaitez un centre-ville plus animé, en réponse, vous faites un restaurant à la Maison Valliamée", relève l'adjoint en charge de l'aménagement sous la précédente mandature, qui s'inquiète également du devenir du Parc du Colosse, comme Jean-Marie Virapoullé. "Un Colosse qui ressemble à un parc cabri comme à l'époque de Fruteau", a-t-il lancé à Joé Bédier. "Les locaux commerciaux pourtant prêts ne sont toujours pas attribués. Vous allez tuez le Colosse et vous allez dépouiller le centre-ville avec la création de ce cinéma multiplex. Cerise sur le gâteau, vous allez créer un restaurant gastronomique au sein de la Maison Valiamé pourtant classée, qui ne dispose d'aucune place pour la cuisine", poursuit JMV, qui a voté contre "ce projet fumeux et irréaliste".

"C'est par respect pour cette maison que je ne veux pas implanter n'importe quoi. J'ai découvert un site à l'abandon, mon Dieu quel respect pour notre patrimoine !", ironise Joé Bédier, qui sauvegardera "les arbres, les murs et les vestiges existants car justement c'est un patrimoine à remettre en valeur".

 

Décidément très en forme, les élus de la majorité et de l'opposition n'ont cessé de se rendre coup pour coup, comme lors des débats autour de la modernisation de l'axe principal de la ville comprenant les Avenues des Mascareignes, Île de France et de Bourbon. Un projet "mangé cuit" pour Jean-Marie Virapoullé. "Tout est déjà calé, il suffisait juste de faire un appel d'offres. Au bout de 6 mois vous êtes déjà dans le mangé cuit", peste-t-il rappelant que la commune bénéficie déjà de fonds pour la modernisation de son centre ville dans le cadre du NPNRU.

Guerre des mots entre la majorité et l'opposition

Pas de quoi impressionner Joé Bédier, loin de là. "La commune avait acté c'est vrai, mais zot i fé que sa depuis 50 ans !", a dégainé l'édile saint-andréen, ajoutant que la commune de Saint-André "n'est pas Pêche Avenir".  

Les moukatages se sont poursuivis au moment d'acter le nouveau logo de la ville de Saint-André. Un changement d'identité visuelle qu'a souhaité Joé Bédier, "avec le slogan Droit Devant pour sortir Saint-André du fénoir". "Cela ne se fera pas en un coup de baguette magique mais les choses sont déjà en route. Ce logo est là pour donner un coup de fouet", argue-t-il, ajoutant que les armoiries de la ville seront conservées. Coût de ce lifting: 6 076 euros. "6 000 euros pour un copier-coller de la ville du Port, remboursez-le. C'est un plagiat avec quelques argumentations à côté", relève pour sa part Jean-Marie Virapoullé, qui déplore ce "gaspillage".

Moment choisi par Joé Bédier pour sortir lui aussi quelques chiffres sur le "gaspillage", mais de la précédente équipe entre 2014 et 2020. Extrait: "881 000 euros de frais de carburant, 240 000 euros de frais d'avocats, 700 000 euros de frais de bouche et de réception, 135 000 euros de frais de voyage (...) et c'est un logo qui vous fait mal ?", s'étonne le maire de Saint-André.

"Il manque le montant global des investissements faits sur la mandature : près de 168 millions d'euros", lui a répondu Alain Sinaretty."Si au bout de vos six années de mandat vous arrivez à faire le même montant, moi Alain Sinaretty, mi donne a ou un livre blanc en 2026", a déclaré ce dernier.

 

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