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La mouche bleue, meilleure ouvrière de France

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 4 juin 2010 à 02H16

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Il y a moins d'un an, me trouvant sur le site du grand-étang à Saint-Benoit, je me désespérais de voir un endroit aussi magnifique se dégrader inexorablement sous l'assaut de la vigne marronne.

J'observais avec pessimisme les nombreuses taches verdâtres signalant la présence de cette peste jusqu'aux sommets des remparts et je me demandais en combien de temps elles allaient se rejoindre pour recouvrir et étouffer complètement toute la forêt primaire.

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir récemment, en m 'y rendant à nouveau, que la tenthrède, cet insecte tant décrié et paraît-il, responsable de tous les malheurs de nos producteurs de fruits et de miel, avait investi les lieux et entrepris une œuvre digne des travaux d'Hercule.

J'ai repensé à toute la polémique qui avait eu lieu il y a quelques temps autour de cette bestiole et je me suis demandé si j'allais moi aussi être assailli par une armée de mouches comme le chien que l'on avait montré, vu que j'avais l'intention de me rendre la bas jusqu'aux cascades.

Que nenni ! J'en ai tout juste aperçu quelques unes au bout du sentier, là ou les massifs sont un peu plus denses mais rien qui puisse incommoder qui que ce soit, venant profiter de la majesté des lieux.

En revanche, les feuilles rongées et les tiges à nu qu'offrent ces différents massifs indiquent clairement qu'une armée d'ouvrières efficaces est en train d'accomplir sans tambour ni trompette, un exploit que tous les emplois verts de l'île ne sauraient réaliser en un siècle.

Les taches verdâtres que je voyais progresser autour du plan d'eau et dans les remparts ont, pour la plupart, déjà viré à l'ocre et semblent stoppées dans leur avancée destructrice. Des trouées sont même apparues ici et là, indiquant que notre tenthrède a opéré une véritable frappe chirurgicale à travers la végétation qui semble désormais retrouver une nouvelle vigueur.

Au rythme où travaillent ces ouvrières bénévoles, je suis persuadé qu'elles auront accompli leur besogne avant la fin de l'année et qu'elles sont déjà prêtes à ouvrir de nouveaux fronts. Je crois même qu'un des plus gros chantiers se situe dans la vallée de la rivière du mât et qu'une solide équipe est déjà à pied d'œuvre.

Là aussi elle se fait discrète et pourtant tout indique que les forêts qui recouvrent cette vallée et ses remparts seront bientôt délivrées de leurs carcans épineux. Si vous vous en doutez, faites donc un tour du côté de Sainte-Rose ou de Saint-Philippe, là où d'après certains, les mouches bleues ont bouffé tout le miel. Si ça se trouve, ils vous diront que la vigne marronne n'a jamais existé dans le coin tant il est vrai qu'on en a perdu la trace.

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