L'ARS ne fournira pas de masques FFP2 aux centres Covid

"Force est de constater que, depuis quelques jours, et c’est une bonne chose pour l’île, nous assistons plutôt à un plateau dans la progression de l’épidémie", constate Martine Ladoucette au début de son allocution de ce jeudi 9 avril.
Bien qu’aujourd’hui, La Réunion enregistre de nouveau une progression à deux chiffres (14 cas de plus qu’hier), les jours précédents avaient donné lieu à la détection de seulement 3, 4 voire 5 cas supplémentaires par jour.
Cette courbe s'explique sans doute, selon la directrice de l'ARS, par le fait que La Réunion enregistre beaucoup moins de retours de métropole. Seuls trois vols sont effectivement assurés par semaine et ce, depuis la semaine dernière. Cette mesure a permis visiblement d’enrayer la dynamique et donc de quasiment figer le nombre de personnes ayant contracté la maladie à l’extérieur de La Réunion.
Une fois le robinet des arrivées à Gillot fermé, l’ARS a pour idée d’amorcer un virage sur le sujet là aussi très attendu des dépistages massifs.
"Nous continuons délibérément à avoir des indications très larges de dépistage et de diagnostic mais nous souhaitons l’élargir pour répondre aux médecins et à la population. Ils continuent à être inquiets à l’idée que nous ne faisons pas assez de dépistages et que, peut-être, nous passons à côté d’un certain nombre de contaminés", concède Martine Ladoucette.
Elle prend l’exemple d’une journée de dépistage, qui avait donné lieu il y a quelques jours à des centaines d’analyses pour un résultat probant, qui donne une mesure plus fournie et donc objective de la réalité du nombre de cas au sein de la population. "Nous avons augmenté les prélèvements. Nous sommes montés jusqu’à 700 prélèvements sur une journée et, pour autant, ce jour-là, nous n’avions que 2% pour lesquels les résultats étaient positifs", déclare-t-elle à titre d'exemple.
Les dépistages vont s’ouvrir aux asymptomatiques
Ce constat laisse donc présager d’un élargissement de la détection, réservée il y a deux semaines de cela au personnel soignant et aux symptomatiques en priorité. "Nous souhaiterions désormais élargir le dépistage car nous passons peut-être à côté de personnes contaminées, mais asymptomatiques", ajuste-t-elle, sans toutefois dévoiler de calendrier à ce stade.
Cependant, Martine Ladoucette annonce que "nous avons déjà travaillé avec les cliniciens mais nous allons aussi travailler avec les chercheurs. Nous allons donc réunir le point de vue du clinicien et du chercheur pour élargir le champ des diagnostics", envisage-t-elle cette collaboration inter-disciplinaire.
Un 1er centre Covid opérationnel probablement la semaine prochaine
La prise en charge ambulatoire des personnes Covid va elle aussi pouvoir passer à une phase élargie, hors les murs du seul CHU de Bellepierre.
80, voire plus de 90% des personnes contaminées subissent des formes légères de la maladie. La Réunion a donc, pour la grande majorité des personnes concernées, des formes légères et qui peuvent donc être soignées à domicile. Cela veut dire que les médecins traitants sont en première ligne, du traitement jusqu’à la guérison, sachant qu’ils travaillent main dans la main avec les infectiologues du CHU
Si l’essentiel des médecins traitants et des maisons de santé ont fait savoir à l'ARS pouvoir faire face à cette patientèle, c’est-à-dire de réorganiser leurs cabinets médicaux avec une séparation des patients suspects vis-à-vis des autres patients "classiques", pour autant, certains médecins traitants considèrent qu’il vaut mieux constituer des centres ambulatoires dédiés pour les patients suspectés Covid.
C'est à ce niveau que des initiatives de médecins ont vu le jour il y a deux semaines de cela, à La Possession tout d'abord puis à l'Etang-Salé la semaine dernière. Mais ces centres étaient dans l'attente d'une réponse de l'Agence sur la fourniture des fameux masques FFP2.
"L’ARS, avec les hauts conseils de l’ordre, les représentants des médecins libéraux, a pris position pour soutenir certains projets présentés, dès lors qu’ils présentent toutes les conditions et les qualités nécessaires pour une prise en charge ambulatoire", contextualise la directrice de l'ARS.
"Il n’est pas question pour l’ARS de distribuer des masques FFP2"
"Aujourd’hui, nous sommes en mesure d’accepter probablement 2 ou 3 projets sur le département, voire plus à l’avenir. On le verra en temps et en heure. L’ARS va soutenir la logistique de ces projets puisqu’elle s’engage, aux côtés des communes, à prendre en charge certains frais logistiques. Je pense notamment à l’hygiène des locaux, la désinfection, mais aussi à fournir des équipements de sécurité individuels aux professionnels de santé et aux patients qui vont se présenter dans ces centres. Sachant qu’il n’est pas question pour l’ARS de distribuer des masques FFP2 mais bien des masques chirurgicaux, qui sont considérés par la société d’hygiène hospitalière et la société des maladies infectieuses comme ayant de bons niveaux de protection, à partir du moment où le soignant et le patient les porteront", affirme Martine Ladoucette. Une manière de répondre à [l'inquiétude du Dr Kathia Cadinouche]urlblank:https://www.zinfos974.com/Dr-Kathia-Cadinouche-Nous-appelons-l-ARS-a-un-language-de-verite_a152576.html , notamment, co-initiatrice du [premier projet réunionnais, à La Possession]urlblank:https://www.zinfos974.com/Vanessa-Miranville-met-a-disposition-un-gymnase-pour-en-faire-un-centre-Covid-19_a151498.html .
Le lieu du centre covid n'est pas encore arrêté
Dans les faits, le premier centre d’hébergement Covid devrait être opérationnel la semaine prochaine.
Le lieu n'est pas encore arrêté, confirme Martine Ladoucette : "on verra où il se situera. L’objectif étant de proposer à des personnes contaminées, qui n’ont pas besoin d’être hospitalisées mais dont le domicile n’est pas approprié (gestes barrière), de s'y rendre. C’est un projet qui est à l’étude, nous devrions mettre un premier foyer sur pied rapidement, la semaine prochaine ou dans une quinzaine de jours maximum", conclut-elle


