Journée internationale de la langue créole : Peut-on encore sauver le nôtre ?

En tant qu’écrivain, je suis plutôt pour cette initiative.
Je m’explique : toute mes livres sont en français pour une raison très simple : je pense que le lecteur lira plus facilement le français que le créole. C’est une question d’appréhension immédiate du mot. La lecture en créole réclame un gros effort de compréhension. Parce qu’on ne sait toujours pas QUEL créole utiliser. Créole étymologique (il a ma préférence) ? KWZ ? Pourquoi pas aussi des //, des #, des tildes ? Pour rajouter des troubles dans les jeunes têtes ?
Mais je suis un défenseur acharné de la langue créole, cela va de soi. Car toute langue mérite d’être défendue et de se développer.
Je dirais même qu’il est urgent d’apprendre aux Créoles le créole, le vrai créole, je veux dire. Parce que nous seulement nos jeunes ne savent plus parler français… mais i gaingn pi cause créole in merde !
Passons sur le pitoyable « mi lé créole », « mi néna quinze ans »… On dit, traditionnellement « mwin néna » mais « mi sava ». C’est comme en français : verbes d’état et verbes d’action n’utilisent pas le même auxiliaire.
J’en ai une bien bonne pour vous…
In coup comm’ ça, mwin té dan’ car Saint-D’ni. Su l’fauteuil devant mwin navé deux marmailles à peu près seize ans chaquin’. Mi écoute a zot causer. Té qui fé pitié ôté ! Au bout d’in’ instant, l’in’ i invite son camarade v’ni fé in tour son case demain. Là, astèr, lu essaye di où qu’lu habite. Pou la ville, lu té conné comment i appelle. La rue aussi. Mais là i gâte : quel endroit dans la rue, lu conné pas dire. Là, mon boug’ i énerve, i énerve, jusqu’à temps lu finit par larguer :
« Ou conné, le train sat’ i arrange l’auto là ! »
Daoir le garage lu té conné pas l’mot. Et ce marmaille-là, mi voyais bien lu té malheureux akoz lu té qui conné pas causer.
Je persiste : il est urgent de réapprendre le créole à nos jeunes ! Sinon, cette langue charmante et malicieuse entre toutes va finir par s’oublier totalement. Je suis aussi contre le stupide « kréol partout tout l’tan ». Ce n’est pas avec la seule pratique du créole qu’un jeune trouvera du travail en Bavière !
Oui, sauvons-le tant qu’il en est encore temps.
On ne peut laisser dépérir une langue riche en expressions toutes plus drôles les unes que les autres. Dont mes préférées sont : 1 « Coq mon voisin grosseur mon marmite » et 2 « La pointe son tété i détaque barreau ».
Aaaaarrrrrggggg…
Okay, j’arrête.


