Référendum ADP: L'opportunité démocratique

ADP, un sigle pour Aéroports De Paris, nom d'une société qui exploite différentes zones aéroportuaires dans le monde dont Roissy, Orly et Le Bourget. Cette société est détenue pour 50,6% du capital par l’État Français (100% en 2005).. Ainsi, l'Etat comme tout propriétaire, perçoit chaque année une partie des bénéfices sous forme de dividendes. En moyenne 200 millions d'euros.
Vendre la participation de L’État, c'est se priver de ces recettes pour le budget de L’État...Par quelles autres ressources seront-elles compensées ?
Je vous laisse deviner....
Confier à des investisseurs privés l'exploitation des aéroports de Paris, c'est s'assurer de perdre ces recettes mais aussi de perdre le contrôle d'un service public de transport. A l'image de tous les investisseurs privés , sera recherchée la maximisation des profits. Sans aucun doute les taxes aéroportuaires vont augmenter et se répercuteront sur le prix des billets. Le président du syndicat des compagnies aériennes ne s'y trompe pas « tout investisseur privé recherche le plus rapidement possible la rentabilité de son investissement, c-a-d l'augmentation des bénéfices pour distribuer plus de dividendes à ses actionnaires. Cela passera forcément par une hausse des taxes sur les compagnies aériennes... »
Cette privatisation a été votée, il s’agit bien d’une privatisation, puisque l’État entend vendre ses 50,6 % détenus dans le capital d'ADP et en retirer quelque 8 milliards d’euros. À l’issue de cette procédure, l’État n’aura plus aucune participation au capital de la société. Le terme de concession est abusif, en effet au terme des 70 ans, la loi Pacte prévoit que l’État devra racheter les actifs de la société à la fin de la concession ! Il est fort à parier que L’État n'aura pas les moyens d'un tel rachat.
La loi PACTE entérine d'autres cessions de participations de l 'État dont la Française des jeux, ou Engie...Soit 800 millions d'euros de recettes, sous forme de dividendes qui n'entreront plus dans les caisses de L’État....
Étrange direz-vous ? L'argument du gouvernement est de dire qu'avec l'argent obtenu de la privatisation, un fonds sera constitué dont les intérêts serviront à financer des entreprises naissantes dans des domaines innovants..La belle idée sauf que le raisonnement ne tient pas: 8 milliards d'€ sont espérés de la vente. Or, aujourd'hui les taux d'intérêts des placement sont faibles (8 milliards à 2.5% donneront 200 millions/an) à comparer aux 200 millions de dividendes d 'ADP en progression continue ces dernières années.
Alors pourquoi vendre ? Même la Cour des comptes à estimé que le projet du gouvernement était une usine à gaz bien inutile !
Force est de constater qu'il s'agit ici encore d'idéologie : estimer que L’État n'a pas à recevoir le fruit de ses infrastructures payées par nos impôts. Le parallèle avec les autoroutes est ici frappant. Concéder aux investisseurs privés tout ce qui est rentable et faire financer par la collectivité ce qui l'est moins ou pas. Refrain connu : Privatiser les profits et socialiser les pertes !
Il est probable que l’aéroport Roland Garros subisse, à plus ou moins long terme, les conséquences de cette politique...
Pour l'instant cette loi n'a pas été promulguée. Le processus est à l'arrêt parce que 248 parlementaires (députés :130; sénateurs : 118 ) des groupes d'opposition (76 LR,17 LFI, 15 GDR,29 PS, 3 UDI,11 Libertés et territoires, 2 non inscrits) ont, comme l'autorise la constitution française déposé un projet de loi référendaire intitulé : « Projet de loi visant à réaffirmer le caractère de service public national de l'exploitation des aérodromes de Paris »
C'est une chance ! Pour la première fois , la possibilité d'un référendum à l'initiative de parlementaires (Référendum d'Initiative Partagée) est enclenchée. Pour une fois, ce n'est pas si fréquent en France, nous pourrions dire oui ou non à la cession des éléments de notre patrimoine que nous avons financés par nos impôts. Ce qui peut sembler évident et pourtant...
Le dernier référendum réalisé en France date de 2005. Et celui là était à l'initiative du Président de la République.
Voila l'opportunité de faire vivre une démocratie où la population a la possibilité de contrôlé et d'invalider des décisions gouvernementales , surtout celles qui n'étaient pas au programme du candidat élu...
Certes, le RIP n'est pas la forme référendaire parfaite ; les gilets jaunes revendiquent la mise en place d'un RIC en toutes matières. Mais aujourd'hui, le RIP nous donne l'occasion de mettre en place un acte républicain, alors pourquoi s'en priver ?
Sans surprise l’exécutif ne soutient pas cette initiative et se garde d'en faire la publicité. A-t-il peur du résultat ?
Il reste une étape à franchir : la constitution impose que 4,7 millions de citoyens apportent leur soutien à l'initiative parlementaire avec validation et comptage du Conseil constitutionnel. Nous avons jusqu'au 12 mars 2020 pour le déposer sur le formulaire, sur internet, que l'on trouve à l'adresse suivante :
[https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1]urlblank:https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1
Ou en mairie sur un formulaire CERFA n° 15264*02
Alors , Signons et faisons signer , c'est l'action urgente à mener afin d'obtenir la mise en place du moyen qui nous permettra de mettre un coup d'arrêt à cette politique de privatisation qui va à l'encontre des intérêts de la population.


