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Situations de monopoles a? La Re?union et vie che?re

Ecrit par zinfos974 – le mardi 1 octobre 2019 à 10H11

Monsieur Le Président de l’OPMR,

UFC Que Choisir Océan Indien et CLCV, principales associations nationales agréées de défense des consommateurs et usagers regrettent de ne pas avoir été consultées d’une part lors de l’élaboration du rapportde M. Christophe GiRADIER, d’autre part lors de l’étude d’impact de la vente de Vindemia et pas plus lors de l’élaboration du plan préfectoral contre la vie chère, alors que les consommateurs sont les premiers concernés. Les propositions, les décisions sont prises au nom des consommateurs mais leurs représentants en sont écartés!Le projet de rachat de Vindémia par le groupe Bernard HAYOT, et l’éventuelle position dominante qui en découlerait émeut les autorités, lesélus, les opérateurs dont certains ont favorisé l’arrivée du groupe HAYOT à La Réunion (suite à des difficultés pour honorer leur plan de sauvegarde!).

Pourquoi tant d’émoi? Pourquoi autant de bruit autour de ce rachat éventuel alors que la Réunion regorge et souffre de situations non pas de position dominante, voir ultra dominante mais de monopoles/ oligopoles qui suscitent l’indifférence la plus profonde tous les acteurs de la vie politique et économique réunionnaise.

Nous pouvons évoquer le secteur de la quincaillerie où la majorité des enseignes font partie du groupe RAVATE (Ravate gros, Ravate Elec, Lapeyre, Weldom, Leroy Merlin, Bati Centre, Brico Run, sans compter l’approvisionnement de toutes les petites quincailleries etc...à l’exception de M. Bricolage du groupe HAYOT ).Il en est de même dans les tissus,etc......

Mais il est un autre monopole qui met à mal l’agriculture réunionnaise, et ses filières viandes et lait. Ce monopole réduit les éleveurs, les producteurs de lait dans un esclavage moderne. Jamais l’État ne s’est penché, pas plus les élus, les services de la concurrence, et le délégué interministériel nommé en février 2019. Ce n’est pas un monopole mais un «empire» qui s’est installé dans l’indifférence la plus totale. Cet empire a pour nom INVIVO qui se décline à la Réunion en URCOOPA.

La comparaision HAYOT / NVIVO URCOOPA est du même ordre que le rapport Réunion / Etats Unis. INVIVO URCOOPA comme SODIAAL sont des coopératives aux relents demultinationales. Ce statut détourné leur permet dans certaines conditionsd’échapper à l’impôt, de recevoir des aides d’Etats, de l’Europe. Ces coopératives multinationales sont tournées exclusivement vers le profit, uniquement le profit au détriment de leurs adhérents. A la Réunion, URCOOPA contrôle tout, «de la fourche à la fourchette», de l’engrais à la transformation des carcasses d’animaux morts, en passant par le lait. (cf article «la pieuvre »dans un journal local).

Une production locale faite de lait péi contaminé par le VLB (plus de 400000 cellules/nanolitre devrait être impropre à la consommation, mais pas à la Réunion car le consommateur réunionnais n’a pas droit à tant d’égards! Ce lait contaminé est mélangé avec du lait en poudre, de l’eau, de l’huile de beurre, et des vitamines. Il est vendu comme lait des hauts partiellement reconstitué. Une mixture que refuseraient même les pays en voie de développement c’est le lait que la majorité des réunionnais consomment.

Le vrai lait c’est 96% du pis de la vache sans addition ni soustraction. Nous en sommes très loin.Interrogé par nos associations, l’inspecteur général de santé publique vétérinaire répond que c’est légal! Le tabac c’est légal, fumer c’est légal mais est-ce parce que c’est légal qu’il est bon d’en consommer? Il y a confusion entre santé publique et profit!

Le modèle promu : Une agriculture intensive, nocive à la santé, qui détruit durablement la Réunion, la fertilité de ses terres et de ses rivages marins.C’est une nourriture industrielle, celle qui est à l'origine de nombreuses maladies métaboliques (dont le diabète qui touche plus de 20% de la population réunionnaise).

Ne serait-il pas plus judicieux au lieu de financer des études d’impact sur des positions éventuellement dominantes d’un opérateur privé par rapport à ses autres concurrents dont les seules peurs seraient de voir leurs parts de marché fondre au soleil et par conséquent leurs profits réalisés sur le dos des consommateurs.

Il faudrait être particulièrement naïf de croire qu’ils se battent contre la vie chère! Comme il est illusoire de croire que les profits réalisés seront réinvestis à la Réunion. Les investissements de l’ancien propriétaire de VINDEMIA ont-ils eu lieu à la Réunion? Il est vrai qu’il faut un certain courage lorsque l’on se penche sur l’empire INVIVO URCOOPA où se mêlent au gré des conseils d’administrations pouvoir économique et pouvoir politique. Il faut beaucoup de courage pour lutter contre ce monopole qui étouffe l’agriculture réunionnaise, ses agriculteurs, ses éleveurs, ses producteurs laitiers mais aussi les consommateurs qui paient la note finale et pour lesquels il est difficile dans leurs assiettes d’échapper à ce monopole. La taille importante du groupe en fait avec ses nombreuses filiales un équivalent de multinationale, dans lequel les coopérateurs ne profitent plus des intérêts d'une coopérative agricole.

Pour information, le groupe URCOOPA comme la grande distribution, ne publie pas ses comptes. En tant qu’associations nationales de consommateurs, nous avons saisi dans un premier temps la DIECCTE.

Nous vous demandons de prendre en considération notre demande concernant le monopole d’URCOOPA, lequel est parfaitement établi.

Veuillez agréer M. le Président, l’expression de notre haute considération.

 

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