St-Denis : Du glyphosate dans les urines des élus ?

Dans une petite fiole, Yvette Duchemann transporte un échantillon de son urine à travers le hall de la mairie de Saint-Denis. Rassurez-vous, la conseillère municipale n’a pas perdu la tête, au contraire, elle s’apprête à tester la présence de glyphosate dans son organisme à l’occasion du lancement de la "Campagne Glyphosate Réunion".
Comme elle, une vingtaine d’élus de la mairie de Saint-Denis se sont portés volontaires afin de tester leurs urines. Objectif : détecter la présence de glyphosate, cette molécule reconnue cancérogène par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), est utilisée comme pesticide. Il est notamment vendu en bidon de produit à pulvériser, sous le nom de "Roundup" par la multinationale Monsanto et est largement utilisé dans l’agriculture réunionnaise.
"J’ai donné mes urines fraîches de ce matin à Oasis Réunion, pour qu’ils puissent voir si j’ai du glyphosate dans mon corps", explique l'élue avec un sourire malicieux, "Je sais qu’on utilise du glyphosate à La Réunion, alors j’ai rejoint cette campagne pour dire stop. Stop parce que notre santé doit compter auprès du gouvernement."
Si les résultats du test démontrent la présence du pesticide dans son organisme, la déléguée au développement durable à la mairie de Saint-Denis affirme qu’elle se joindra à la plainte commune qui pourra être déposée à l’issue de la campagne.
"On s’attend forcément à des résultats positifs au glyphosate"
La fiole d’Yvette Duchemann, ainsi que celles des autres élus participants, sera envoyée en Allemagne, vers le seul laboratoire habilité à réaliser ces tests selon Simon Vienne, l’un des coordinateurs de la campagne pour l'association Oasis Réunion.
Comptez 85 euros pour réaliser l’analyse. "L’objectif de cette première campagne est de faire un état des lieux des niveaux de glyphosate chez la population."
La campagne va se poursuivre avec plus d’une cinquantaine de bénévoles qui seront triés afin d’obtenir un échantillon le plus représentatif de la population : "On va sélectionner des agriculteurs, des gens de métiers différents, d’âge différents, et qui habitent dans différentes régions de l’île", ajoute-t-il.
"On s’attend forcément à des résultats positifs au glyphosate, pour ce qui est de l’ampleur de sa présence, et bien on aura la réponse d’ici un mois."
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