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Régionales : Va-ton vers un renouvellement de la classe politique ?

Le premier tour des élections régionales est prévu ce dimanche 14 mars. Les résultats des urnes seront significatifs à plus d'un titre. L'élément essentiel sera sans conteste la dimension du rejet de la population, d'une conception, d'une classe et des partis traditionnels politiques, et du monopole du pouvoir par des clans familiaux.
Ecrit par zinfos974 – le lundi 8 mars 2010 à 06H58

Quel que soit le score réalisé par les douze listes en course à l'issue de ce premier tour, un constat s'impose : les électeurs réunionnais sont peu intéressés par ce scrutin. Les listes ont du mal à mobiliser et à rassembler lors des meetings. C'est vrai pour tous les partis traditionnels. Certains utilisent même la méthode, un militant, une place vide, un militant, une place vide pour donner l'impression que la salle retenue, est pleine.

Certains maires font désormais appel aux employés communaux et aux militants de base pour remplir les bus, puis gonfler les rangs lors des meetings. La pression et les menaces parfois à peine déguisées sur les travailleurs municipaux, ont repris depuis la semaine dernière. “La peur des hommes de main du maire et la crainte de perdre leur contrat précaire, ne sont plus aussi fortes qu'avant”.

Cela pose aussi un problème de logistique dans l'organisation de la campagne et de “tenue” des bureaux pour dimanche. L'Alliance a lancé un appel à ses partisans, en ce sens depuis une dizaine de jours. Lors de ses meetings, un document est distribué aux personnes présentes, celles qui souhaitent “tenir un bureau dans sa ville” sont priés de se faire connaître.

Au parti socialiste, la mobilisation des militants n'est pas simple non plus. Gilbert Annette, premier secrétaire fédéral du PS, constate aussi le désintérêt de sa “base”. Pour faire décoller la campagne, des camions-sono diffusent depuis la semaine dernière un message pré-enregistré de Michel Vergoz, et des équipes font du porte à porte.

A droite la semaine dernière, certains ont reconnu “beaucoup d'habitants du Tampon dans un meeting de Didier Robert à Saint-Paul”. Jean-Paul Virapoullé n'a plus d'appareil municipal, et même s'il dispose toujours d'un réseau de fidèles à Saint-André bien sûr, mais aussi dans des villes comme Saint-Paul ou Saint-Pierre, rassembler est encore plus difficile pour le sénateur.

Ainsi, le constat est évident, l'actuelle classe politique ne fait plus recette. Les raisons sont multiples : des messages qui ne passent plus, des électeurs qui en ont assez des promesses non tenues, l'usure du pouvoir, des familles entières aux postes les mieux payés dans certaines collectivités, le pouvoir accaparé par un ou deux clans dans certains partis, et sans doute une envie de changement dont personne ne mesure réellement l'ampleur, aujourd'hui...

La constitution des listes pour ces Régionales, aussi bien à droite qu'à gauche, a exacerbé ce besoin d'un renouvellement de la classe politique. “Ce sont toujours les mêmes en position éligible”. Entre cumul de mandats, favoritisme, affection familiale pour des fonctions bien rémunérées, voyages et avantages divers, l'amour du parti en a pris un coup.

Ce ras-le-bol se manifestera-t-il pour autant à l'issue du premier tour des élections régionales ? Va-t-on assister à la première de “crépuscule des vieux” ?

Rien n'est moins sûr, car les partis politiques traditionnels ont une arme secrète qu'ils ont construite ensemble au cours de ces décennies : l'abstention, né du rejet de leur politique, surtout de leur conception de la politique...

 

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