La colombe est bien morte
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Les citoyens qui vont voter pour la première fois en ce mois de mars 2010 ignorent peut-être ce que représentait le Freedom de 1992, lorsqu'ils étaient encore dans leurs couches. Les détracteurs du mouvement disaient alors que les Réunionnais votaient pour une "télé la peau", les plus fervents pensaient réformer la vie politique, promouvoir l'égalité sociale, lutter contre les privilèges, mettre au rancart des politiciens déjà combinards. Le Président sortant, Pierre Lagourgue, de droite, avait, rappelons-le ici, obtenu sa présidence en faisant alliance avec la gauche en 1986.
La victoire de Freedom fut un tsunami, plus de 30% des suffrages et 17 élus à la Région, ce qui fit dire à Paul Vergès que les Réunionnais étaient devenus fous. Pourtant, mais c'est peut-être une forme de folie, l'espoir était né... Mais la Réunion dut bientôt déchanter tant les nouveaux élus étaient inexpérimentés et devinrent des proies faciles pour la machine à broyer qu'est le PCR. Camille Sudre résista à tous les avatars de sa formation qui demeura sous une forme de plus en plus effacée au long de trois mandatures de 1993 à 2010. Celui que les Réunionnais ont appelé par dérision "doctér lo sikré", embellit, s'enrichit, se fondit donc dans tous les moules qu'on lui proposait. Il n'y fit absolument rien, ce qui sembla lui convenir. Ce qui sembla convenir également à Paul Vergès qui savait pouvoir compter sur une obéissance sans faille. Les événements du Chaudron en 1991 restent encore dans les mémoires et certains ont la mémoire tenace...
Les Régionales de 2010 marquent donc la délivrance ultime de cette triste colombe, ligotée de toutes parts et qui agonise benoîtement dans le confort de son "leader". Quel spectacle attristant que de voir le pseudo révolutionnaire d'hier, celui qui fit descendre des milliers de Réunionnais dans la rue avec des casseroles devenir le porte-micro de celui qui l'assassine depuis 18 ans, et qui, soit dit en passant, traîne le plus de casseroles derrière lui...
En n'accordant plus que trois postes à Freedom, Paul Vergès est en voie de laver l'affront subi il y a près de 20 ans, l'humiliation qu'il a ressentie à devoir négocier avec ce jeune blanc bec et sa bande disparate et populaire. Il n'y aura pas de chant du cygne pour la colombe, juste une vieille main autour de son cou qui l'étouffera définitivement le 21 mars. Couic!
Paix à ce qu’elle a été et qu’elle n’est et ne sera jamais plus !


