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La fumée Grand Bois

Ecrit par zinfos974 – le mardi 2 mars 2010 à 14H35

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La communauté chinoise avait organisé une petite fête sympathique, dimanche soir au Colosse, retransmise à la télé. Ça a suffit pour transformer le parc en magnifique piège à autos : plus d'une heure pour s'en extirper! Voilà un exemple typique des limites de l'automobile en tant que moyen de transport : dès qu'un certain nombre de gens se rendent au même endroit à la même heure (entrées de ville, écoles, etc) c'est l'engluement assuré. On aura beau faire toutes les rocades possibles et imaginables, on finira par se retrouver coincé avec tous ces autres semblables qui ont eu cette malencontreuse idée d'aller aux mêmes endroits que nous à la même heure!

A partir d'un certain seuil population/surface, le transport en commun devient une évidence. C'est aussi une évidence concernant le coût et la pollution engendrée. On se récrie sur le prix du tram-train : c'est parce qu'on oublie d'ajouter aux investissements routiers colossaux depuis des années et des années, le coût pour chaque individu de l'équipement et l'entretien automobile, le coût des accidents pour la collectivité et les familles. Quand à la pollution, même si l'électricité du tram-train était fabriquée avec du fuel, ce qui n'est pas une fatalité, ce serait une pollution moindre que celle produite par des individus utilisant chacun individuellement son véhicule.

On ne peut donc pas vraiment se réjouir de l'inauguration de la rocade de Grand Bois... annoncée comme saturée dans dix ans! C'est le genre d'accaparement de surfaces qu'on aurait évité si on avait mis en chantier le transport en commun régional en site propre il y a quinze ans, comme le réclamaient déjà les écologistes. Le grand reproche qu'on peut faire à Paul Vergès sur ses nombreux mandats à la Région c'est celui-là, c'est de ne pas en avoir profité pour lancer en premier le tram-train et pour impulser une réelle dynamique sur les cars et les bus, mais d'avoir laissé courir sur son erre le Titanic automobile.

Mais les compromis, les atermoiements, les difficultés financières ne doivent évidemment pas être des prétextes à renoncer au projet. Il faut le faire. Mais en attendant, dès maintenant, il ne s'agit pas d'amuser la galerie avec des rocades, il faut développer les transports en commun, le co-voiturage sur des voies réservées, une voie des “deux voies” à certaines heures, les bandes d'arrêt d'urgence, il existe des solutions déjà éprouvées. Les électeurs doivent profiter des élections pour manifester leur impatience.

Jean-Pierre Espéret

 

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