Un sondage édifiant par la réalité qu’il révèle !
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La mode des sondages est très prisée, comme en atteste notre Président de la République qui, avec force millions d'euros, fait sonder à tout propos. A la Réunion, le JIR et IPSOS n’avaient aucune raison de se priver d’une méthode qui fait vendre du papier ( Voyez "le Point", des malins avec leur numéro spécial "Le système Vergès", succès de ventes assuré ! ).
Que retenir de ce sondage du JIR qui, s’il n’est pas pour déplaire à Vergès leur généreux sponsor, devrait plutôt sérieusement l’inquiéter. En effet, président sortant, après 12 ans de règne sans partage et sans sérieuse opposition, avec une notoriété qu’il travaille toujours avec le plus grand soin et le maximum de moyens financiers de l’argent public, Paul Vergès ne recueillant qu’à peine 24% d’intentions de votes favorables, révèle par les chiffres, que 76% de ses concitoyens ne se prononcent pas en sa faveur !
Pourtant, souvenez-vous, la candidate de gauche aux présidentielles Ségolène Royal, recueillait 63,57% des voix contre à peine 36,43% des voix au Président élu Sarkozy ! Chose curieuse à l’époque, le président de région, Paul Vergès était resté particulièrement silencieux au 2ème tour, ne s’impliquant ouvertement pas pour l’une, pour préserver ses rapports futurs avec l’autre. Les relations établies en 2006, lors du 50è anniversaire de la départementalisation entre Paul Vergès et Jean Louis Debré, par la "Réconciliation et Fraternité" de la clique Vergès du PCR et l’UMP parisien chiraquien, étaient sans doute à l’origine de cette réserve prudente en avril 2007.
Si à cette date la Réunion marquait nettement son ancrage à gauche, qui était d’ailleurs confirmé par les législatives de juin 2007 et les municipales de mars 2008, Paul Vergès et la partie du PCR le soutenant, s’éloignaient des combats de gauche contre le Président UMP Sarkozy qui, lors du lancement des Etats généraux, avait prévu Mlle Françoise Vergès comme "patronne réunionnaise" de cette opération, initiative qui a soulevé la forte opposition de l’UMP locale, ramenant cette dame Vergès au rôle plus modeste de "transversale". Ainsi il apparaît évident que des liens existent entre la Présidence de la République et la présidence de la région, le premier attribuant au second la mission à la Réunion de faire barrage à l’influence des socialistes, ses seuls dangereux adversaires aux régionales de 2010, aux cantonales et sénatoriales de 2011 et, bien sûr, aux présidentielles de 2012 où Villepin risque de lui nuire au sein de l’UMP et du pays.
C’est avec un sourire amusé que nous pouvons constater le peu de crédibilité du chiffre de 8% d’intentions de votes attribuées au PS, le seul véritable opposant de gauche aujourd’hui au Président UMP, mais aussi le seul capable de triompher de Vergès et son UMPCR, tout en conservant véritablement à gauche la région Réunion. En focalisant les Réunionnais, autant ses partisans que ses adversaires, sur les deux dossiers tram-train et MCUR, il veut en faire un référendum sur sa personne lui permettant à deux semaines d’un scrutin vital pour lui, de faire oublier son bilan désastreux dont il parle abondamment comme s'il n'était pas le sien !
"Parlons de l’avenir et de nos grands projets , oublions le passé et oublions le bilan !". C’est là le piège évident de l’Alliance du "système Vergès" dans lequel il veut engager les Réunionnais pour pérenniser sa politique personnelle et familiale, avec le soutien financier du Président Sarkozy et son gouvernement avec comme mission, en retour de services rendus, "contenir les socialistes à la Réunion" lors des élections à venir, ce pour quoi Sarkozy ne compte que très moyennement sur son propre camp de l’ UMP local. En voulant à tout prix détourner les Réunionnais de ces 12 années passées, ramenées qu’à la seule route des Tamarins, Vergès se défausse du côté calamiteux de son bilan sur lequel lui, et les médias, s’empressent de passer, or le passé répond du présent et surtout de l’avenir. La route littorale non faite depuis 1998 et renvoyée à 2026 n’en sont-ils pas le pertinent symbole ?
L’Alliance UMPCR de Paul Vergès est loin d’avoir, comme il feint de le croire, la couleur du triomphe pour les 14 et 21 mars prochain.


