Lettre ouverte à M. Didier Robert
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Lors de votre passage à Radio Festival le 26/02/2010, vous avez déclaré que la cause de vie chère n’était pas l’Octroi de mer, mais l’absence de concurrence. Pourtant tous les rapports officiels citent l’Octroi de mer comme la cause principale car perçu à l’entrée de la marchandise, sur le prix CAF (coût, assurance, fret), il participe à l’élaboration de la marge bénéficiaire de l’importateur et empêche justement la concurrence de jouer. Le petit importateur ou occasionnel se voit dans l’obligation de perdre son temps et son énergie pour aller retirer sa commande au service des douanes, alors qu’en métropole il se contente d’aller à la poste.
Croyez-vous sincèrement qu’une taxe instaurée en 1850, à une époque où la Réunion consommait 98% de ce qu’elle produisait, soit encore valable en 2010 où la Réunion consomme 98% de ce qu’elle importe ? Est-il normal qu’une taxe fiscale entre dans le calcul de la marge bénéficiaire d’un commerçant? C’est
pourquoi il est préférable d’appliquer la TVA à 19,6% de métropole perçue au moment de la vente du produit et ensuite, par la négociation avec l’Etat, obtenir que les 8,5% du montant de cette TVA retournent dans le budget de l’Etat, comme c’est le cas en ce moment, mais que le produit des 11,1% reste à la Réunion pour être réparti entre le budget des Collectivités et une caisse de compensation pour financer le fret et le ramener à zéro pour l’importation et l’exportation.
En ce qui concerne le Tourisme vous proposez une vieille rengaine, augmenter le nombre de chambres d’hôtel et proposer un séjour combinant Maurice et la Réunion. Et Bizarrement vous ne parlez pas du prix du billet avion qui est pour moi la clé de voûte du développement du tourisme à la Réunion et que
confirme l’interview de M. Olivier Perrot rédacteur en chef d’Oogolo, dans l’émission Capital sur M6 le 14 Février 2010.
"Partir à l’île Maurice devient de plus en plus abordable. Y-a-t-il d’autres destinations qui sont en train de se démocratiser, d’avoir des prix moins chers?" -- "Toutes les destinations où il y a une concurrence aérienne. Sur les Maldives où on peut trouver des séjours pour une semaine à 600, 700 €" -- "1 semaine avion et hôtellerie ?" -- "Oui, avion et hôtel sur une île de rêve…" – "Et à part les Maldives ?" – "Toute l’Asie est devenue peu chère. On trouve des billets avion pour aller à Bali à moins de 500 € le billet avion et sur place comme la vie est peu chère, on trouve une semaine tout compris à l’hôtel à 200, 250 €. Pour moins de 1000 €, on peut aller dans des destinations lointaines…" -- "Plus c’est
loin, moins c’est cher !" -- "C’est beaucoup moins cher d’aller aux Maldives ou à Bali que d’aller à la Réunion ou Madagascar. Sur la Réunion on ne trouve pas actuellement un billet avion pour cet été à moins de 900 .
C’est une question de concurrence. Sur la Réunion il y a trois compagnies, en Indonésie il y a une dizaine." -- "C’est le même phénomène qu’à Maurice, dès que le ciel s’ouvre les prix mécaniquement baissent !" -- "Mais aussi s’il y a des ouvertures avec des vols charters ou spéciaux…" -- "Et c’est cela qui va provoquer dans l’hôtellerie également des baisses de prix…"
L’IRT au lieu de faire venir des compagnies pour créer la concurrence et attirer les touristes préfère dépenser des millions d’euros dans des campagnes de publicité plus ou moins débiles, mais qui permettent à son président et à ses copains de faire du tourisme.
Dr G. GERARD


