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Fautif ? Roué ? Contrit ? Madré ? L’art de se faire détester…

?Correctionnelle Champ-Fleuri, mardi 30 octobre 2018
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 31 octobre 2018 à 16H00

C’est-y pas Dieu possible ? Il voulait retourner en taule, ce gars. Comment expliquer, sinon, qu’il ait déployé tout son arsenal d’anti-sympathie pour se faire honnir à ce point ? Il a réussi à soulever contre sa personne un torrent de détestation qui en était quasiment palpable. Autant vous dire que s’il désirait réintégrer sa villégiature de Domenjod, ben il ne s’est pas loupé, le gus !

"Vous êtes fatigué, monsieur ?"

Pour bien marquer le coup d’entrée de jeu, il débarque débraillé, sale comme un vieux peigne, et pour mettre les juges à l’aise, s’affale sur le bac des témoins, cuisses en éventail, gros soupir d’agacement en guise de bonjour.

C’était mal parti et le président Molié ne s’est pas privé de le lui faire remarquer :
"Vous êtes déjà fatigué, monsieur Lancry ? Je vous prie de venir debout à la barre !" Le tout avec une exquise affabilité qui ne prêtait pas du tout à confusion.

Il faut dire que l’affaire qui le conduisait à la barre du tribunal est hélas trop commune, trop lamentable dans sa navrante répétition. Des affaires comme celle de Judicaël Lancry mettent souvent en cause des tristes sires comme lui et nombre de femmes trop naïves, trop amoureuses pour se rendre compte qu’elles se livrent pieds et poings liés à des fumiers (on ne peut les appeler autrement) qui n’auront de cesse qu’ils ne les ait dépouillées de ce qu’elles ont, bagnole, compte en banque…

Ils ont vécu quand même sept années en commun avant que la malheureuse ne décille enfin ses yeux. Elle gagnait bien sa vie en sa qualité d’aide-soignante. Lui becquait quelque clef ici ou là quand son corps té pas trop maf’. La voiture ? Elle l’a achetée. La marmite ? C’est elle qui la faisait bouillir ? Son argent de poche ? Ben… il s’est débrouillé pour en avoir pas mal. D’abord en utilisant les codes personnels de sa compagne pour se faire inscrire au Pôle emploi. Riez pas ! riez pas ! le Pôle emploi existe bel et bien… Il a même une tétrachiée de fonctionnaires dans ses bureaux. Me demandez pas à quoi ils servent : je n’en sais rien. Personne n’a pu me donner la réponse.

Sept années durant, il vole sa "chérie" et l’État !

Sans doute par manque de contrôle, les employés de ce digne organisme lui versent très vite une rente viagère, à savoir des indemnités de chômage. Au cours des années, on calcule qu’il aura touché la bagatelle de plus de 11.000 euros. Mais à qui la faute ? À lui qui a triché ? Ou aux employés du Pôle-assistance trop surchargés de boulot qu’ils n’en ont même pas le temps de vérifier les sornettes qu’on leur débite au kilomètre ?

Sieur Lancry doit penser que ce n’est pas suffisant. Il pique la carte bancaire de sa trop gentille copine et s’envoie des virements sur son propre compte ou s’offre des cadeaux en loucedé, en tout pour plus de 7.000 euros. La pauvre dame s’en prend à la banque qui lui joue de bien mauvais tours… sans imaginer une petite seconde que le ver est depuis longtemps dans le fruit.

Vous pensiez qu’il s’arrêterait en si bon chemin ? Tiens donc ! Elle a acheté une voiture pour se rendre à son travail. L’autre immonde parvient à lui faire croire qu’il vaut mieux échanger la Fiat 500 contre une moto qui conviendrait mieux à son statut à lui. Comme il a causé des dégâts à la voiture, il s’arrange pour se faire établir un faux certificat de réparations et de contrôle technique, en imitant plus de signatures qu’un dingue du stylo. Et trouve un copain pas très futé, pas très regardant, pour accepter la combine.

Plus de voiture ! Mais il a quand même eu le temps de se faire choper par les forces de l’ordre pour conduite sans permis et sans assurance. Car que croyez-vous qu’il ait fait avec l’argent destiné à payer l’assurance ? Oui. Ça minm ! Pour faire bon poids (on n’est jamais trop prudent), il imite des signatures bancaires sur les certificats de non-gage du véhicule, lequel n’a pas été entièrement payé.
Wasabi et piment-martin

Déjà condamné in tas èk in paquet d’fois pour vols, escroqueries diverses, conduite sans permis ni assurance, falsifications de chèques, Lancry a été sacrément assaisonné par le ministère public. Une sauce à base de piment-martin avec un zeste de poivre et une louche de wasabi pour donner du goût. Faut que j’lui demande sa recette.

Les réquisitions ont été vite suivies par les juges. Et quand je dis "vite"… Le tribunal se retire pour rendre sa décision. L’huissier a à peine le temps de dire à la cantonade « Vous pouvez vous rasseoir ! » que les juges sont déjà de retour. C’était réglé comme du papier à musique.

Son canard té trop noir, camarade : un an ferme, à effectuer après l’achèvement des condamnations qu’il purge déjà. Plus le remboursement de ce qu’il a volé à son ex, plus le remboursement des prestations indûment versées par Pol-les-futés.

On se demande bien comment il va casquer tout ça. Ah si : le conseil départemental, dans sa grande empathie, lui a laisser miroiter un petit emploi vert pour quand il sortira. Oui, mais quand ?

 

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