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Pourquoi le vote populiste ?

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 31 octobre 2018 à 09H43

Mettre en exergue le terme populiste est déjà un choix. Celui de préférer l’euphémisme au terme plus cru de dictature. Il est vrai que c’est un vote, donc une représentation de la démocratie. C’est inexact. Montesquieu, dans « L’Esprit des Lois », arguait que l’élection était affaire d’aristocratie, tandis que la vraie démocratie se nourrissait du tirage au sort. Tocqueville se moquait du suffrage universel en disant qu’il saurait très bien dire au peuple comment voter. Nous y voilà donc. Le peuple brésilien, à l’instar des Italiens, Polonais, Hongrois, Philippins, et même Etasuniens, a préféré voter pour l’outrance verbale, pour l’intolérance sectaire envers les femmes, les homosexuels, et que sais-je encore ? 

Il est des explications conjoncturelles, et je prie pour que cela soit les seules : on dit qu’il s’agit d’un vote social ; très certainement. Les classes moyennes inférieures souffrent terriblement d’un ordre économique mondial, peut-être d’un Nouvel Ordre Mondial (NOM), dominé par les théories économiques ultra-libérales, l’austérité imposée, les tarifs régentés par l’OMC, les traités commerciaux favorisant le capitalisme débridé, assurément pas la protection du climat ou de la pauvreté sur cette Terre.

Une autre explication est encore plus locale : la récession de 2015-2016 au Brésil, et les violences qui s’en sont suivi dans une société gangrenée de corruption et de criminalité.

Toutefois on peut observer d’un peu plus haut ces nationalo-populismes qui prennent le pouvoir, ou qui ont failli le prendre ; même en France, nous ne sommes pas à l’abri. Marine Le Pen a montré ses piètres talents de débatteuse face au représentant du NOM, qui a précipité sa défaite en 2017. Les problématiques internationales sont communes : sécurité, immigration, paupérisation des classes moyennes, peur de la mondialisation et du déracinement. Les réponses apportées par le NOM n’étant pas satisfaisantes, on comprend le désarroi des électeurs. Car enfin les réponses sont ailleurs : les réfugiés ne sont-ils pas avant tout d’origine climatique, devant la misère dans laquelle ils s’enlisent avec le changement climatique, l’appauvrissement des sols jusqu’alors garants de leur nourriture, les sévices dictatoriaux dont ils font l’objet, les guerres tribales ou ethno-religieuses ? Tant que les seules réponses qu’apporte le NOM seront d’ordre néo-libéral, je crains une expansion virale des démocratures vers les dictatures. Et qui pourrait préfigurer ce que l’Homme a déjà connu avant le deuxième conflit mondial. Qui, je le rappelle, a fait plus de 60 millions de morts. Qu’en serait-il d’un troisième ?

 

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