Je me suis enchaîné à la CGSS de St-Louis
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Jean-Pierre Laffitte
1 rue Célimène 97421 La Rivière St-Louis.
06 92 10 07 90
Communiqué à la presse :
Le 17 Février 2010 à 13h00, après un énième entretien avec la CGSS, j’ai décidé de "m’enchainer" aux bancs métalliques de l’agence CGSS de Saint-Louis.
Pourquoi ?
Parce que je suis un salarié de l’aéroport de Pierrefonds en arrêt de travail depuis le 26 Septembre 2009 et que je ne perçois pas mes indemnités.
Les Faits :
Le 29 Septembre 2008, j’ai été victime d’un infarctus du myocarde alors que j’étais à mon poste à la tour de contrôle de l’aéroport de Pierrefonds. Je venais de prendre mon service en remplacement d’un collègue (délégué syndical) qui venait de déposer un préavis de grève et qui devait s’absenter de son poste pour rencontrer la direction. J’étais d’astreinte et, comme le prévoit l’usage, mon collègue m’a demandé de le remplacer.
En montant rapidement l’escalier qui conduit à la tour de contrôle, je me suis aperçu que j’étais anormalement essoufflé mais j’ai quand même pris mon poste. J’ai d’ailleurs assuré quelques échanges radio avec un avion en vol à ce moment là.
Quelques minutes plus tard, le directeur d’exploitation est monté à la tour accompagné d’un huissier de justice. Il voulait constater l’abandon de poste de mon collègue et il s’est montré dépité de ne pouvoir procéder à la constatation puisque j’étais en poste en remplacement, comme le prévoit le processus d’astreinte.
Quelques minutes après qu’il ait quitté la tour de contrôle, j’ai ressenti la douleur de l’infarctus alors que je ne parvenais toujours pas à reprendre mon souffle. J’ai déclenché l’alerte et les pompiers m’ont évacué. J’ai été soigné en extrême urgence à l’hôpital de St-Pierre, puis à la clinique de Ste-Clotilde.
Le directeur d’exploitation a, dans un premier temps, refusé de donner à mon épouse les documents relatifs à cet accident. Au bout d’une semaine, et devant l’insistance grandissante des syndicats, il a enfin accepté de remettre une feuille d’accident du travail à mon épouse et dans le même temps, il a rédigé un courrier à la CGSS disant que je ne devais pas me trouver à mon poste de travail au moment de l’accident car selon lui, il est le seul à pouvoir déclencher une astreinte.
C’est un mensonge !
D’ailleurs aujourd’hui encore, l’usage est toujours le même : C’est l’agent en poste qui prévient l’agent d’astreinte que ce dernier doit intervenir dés qu’il reçoit une demande d’un usager ou d’une compagnie, ou dès qu’il a l’information de la nécessité d’ouvrir l’aérodrome en dehors des heures habituelles.
Le Directeur d’exploitation fait reposer ses allégations sur une note de service qui ne concerne que les agents du service technique et non les agents AFIS (personnel de la tour de contrôle).
L’enquêteur de la CGSS qui a instruit le dossier n’a tenu compte que des déclarations de la direction de l’aéroport. Il n’a pas jugé bon d’entendre les témoins principaux de l’accident.
Le CHSCT (Comité d’hygiène, sécurité et conditions de travail) n’a pas travaillé sur cet
évènement.
La CGSS refuse de reconnaitre l’accident du travail et le requalifie en maladie.
Après une convalescence de plusieurs mois, j’ai repris le travail. D’abord en compagnie de mon collègue et chef de service, puis seul. (procédure prévue au manuel d’exploitation)
Le 26 Septembre 2009, j’ai de nouveau été victime d’un infarctus sur mon lieu de travail.
Cette fois, la crise a été si grave que les pompiers ont du m’évacuer de la tour de contrôle par l’extérieur et à l’aide de la grande échelle. (Voir article du Quotidien du 27 Septembre 2009)
La CGSS estime qu’il s’agit d’une rechute de maladie et ne reconnait toujours pas la qualification d’accident du travail.
La direction de l’aéroport de Pierrefonds continue ses actes de harcèlement à mon encontre en retardant la transmission des documents que lui réclame la CGSS pour instruire mon dossier.
Aujourd’hui, je me suis symboliquement enchaîné à la CGSS de Saint-Louis.
Il aura fallu ça pour que mon dossier avance sur au moins un point : Un paiement partiel des sommes qui me sont dues sera fait dans les prochains jours.
La suite :
Je vais, dès que possible porter plainte contre le directeur d’exploitation pour harcèlement moral au travail (pour les faits exprimés ici et pour d’autres antérieurs). Je considère que ses supérieurs hiérarchiques sont coupables de complicité passive.)
Je vais saisir le Tribunal des affaires social pour faire reconnaître mon accident du travail.
J’envisage, si les choses traînent encore en longueur, de procéder à de nouvelles actions de manifestations publiques pour faire valoir mes droits.
Merci de votre attention.
Jean-Pierre Laffitte.


