Lourdes condamnations pour les exportateurs de batteries usagées

Entre 2012 et 2014, une dizaine de personnes avaient, semble-t-il, monté une petite affaire très lucrative. Comme une sorte d’enrichissement rapide en même temps qu’un empoisonnement sciemment organisé de l’Homme et de la Nature. De quoi faire avaler son bio à plus d’un Hulot !
Ces empoisonneurs organisaient le ramassage des batteries usagées que nos concitoyens, respectueux de l’environnement, jettent par milliers partout où ça leur chante.
L’exportation de batteries usagées n’est pas interdite ; elle est très strictement réglementée car ces matériaux sont dangereux, très dangereux.
Mais le plomb se paie cher, vraiment cher, camarade. Et les scrupules ne sont jamais qu’un épais tapis-la-ouate sur lequel on installe joyeusement son prose.
En l’espèce, quelques pauvres bougres étaient payés des clopinettes pour aller à la récolte, nuitamment et sans aucune des protections logiques et obligatoires en un tel cas.
Les batteries n’étaient pas lavées, jamais rendues inoffensives et étaient chargées par centaines de milliers dans des containers, direction diverses, Madagascar entre autres. Tant il est vrai qu’il est plus facile d’empoisonner les pays pauvres que les riches où la police est mieux organisée !
Pour une telle combine et de telles « marchandises », Madagascar est effectivement une destination de rêve : en fait de bricoleurs, on n’a jamais trouvé mieux que nos frères les Malgaches sur la planète. Ils remplissent des briquets jetables sans jamais sauter avec leurs bouteilles ; et fabriquent des plaquettes de freins avec des zamponnes de cocotiers et de la colle de grand-natte !
Le hic, c’est que les autorités malgaches (ni aucune autre d’ailleurs) n’ont JAMAIS été averties par écrit, ni oralement, ni par radio-cocotier ni ce que vous voudrez, de l’arrivée de chargements aussi dangereux. Or, les déclarations sont obligatoires, aussi bien ici que dans le pays de destination. Mais s’il fallait se laisser submerger par d’aussi stupides considérations humanitaires et écologiques, où irait-on ?
Il a fallu qu’un douanier avisé tombe sur le pot-aux-roses.
L’affaire avait donc été entendue par le tribunal correctionnel de Champ-Fleuri, voici trois semaines.
Le jugement a été rendu ce matin. Les sanctions sont très échelonnées…
Les clampins de service, qui avaient (dangereusement) gagné des queues-de-cerises en procédant au ramassage, ont juste pris 3 mois avec sursis. Ce qui se comprend. S’ils tombent malades après coup, vers qui vont-ils pouvoir se retourner, voilà bien la question.
Les autres…
Ranjalahy Andriantshoarana : 3 mois avec sursis et 13.750 + 750 +2.500 + 52.500 + 22.500 d’amendes diverses, dont les amendes douanières.
Jiaha Bachirou : 15 mois avec sursis + 8.500 + 2.250 + 3.750.
Bé Basque : 6 mois avec sursis + 3.750.
Mohamad Dittoo : 8 mois avec sursis + 10.000.
Ashok Nunkomar : 15 mois avec sursis + 52.500.
Ely Ramiliarisoa : 6 mois avec sursis + 10.000.
Coomaden Vaïtilingon : 8 mois avec sursis + 13.750.
À noter que les amendes douanières, les plus fortes parmi celles rapportées ci-dessus, sont susceptibles d’arrangements avec les services des Douanes.
Qui paiera quoi ?


