Intrusion dans la médiathèque Cimendef: La Région fait appel

La Région a décidé de faire appel du jugement rendu le 14 septembre 2018. Ce jour-là, devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis, Ericka Bareigts et Huguette Bello étaient relaxées pour les faits de "violation de domicile". Il s'agit d'un appel du jugement civil; les députées n'ayant eu à payer aucun dommage.
Les deux députées avaient entrepris d'accéder à des étages interdits au public de l'ex-médiathèque Cimendef à Saint-Paul, le 3 mars dernier.
Un geste symbolique pour les deux élues qui disaient vouloir "défendre l’accès à la culture pour le peuple réunionnais", ce jour-là, aux côtés des membres du collectif Cimendef qui militent depuis des années pour le maintien de la destination du bâtiment voulu par l'ancienne maire de Saint-Paul.
Le nouveau propriétaire des lieux, la Région Réunion, avait déposé plainte pour violences mais le parquet n'avait retenu que les faits de "violation de domicile". C'est pour ces faits qu'elles ont donc été relaxées il y a une semaine.
"Le juge avait dit que c’était un mauvais procès. Je pense surtout que c’est parce qu’on a eu un mauvais juge", déclare Me Philippe Creissen.
"Le juge a montré sa préférence politique et c’était une erreur de sa part. Quel juge avoue 'c’est un plaisir de vous voir (en parlant aux députées)'", rapporte l’avocat de la Région.
La collectivité régionale et son conseil estiment quant à eux avoir attaqué les deux députées sur "une accusation légitime" alors que le juge a estimé que le procès ne reflétait que le prolongement du débat politique devant un tribunal.
"Mais le débat politique est déjà clos, argumente Me Creissen, "parce qu’il n’y a pas d’élection et que les électeurs saint-paulois avaient déjà dit non à Mme Bello dans les urnes."
La Région ne peut cependant faire appel que sur la partie des dédommagements civils et non pas au niveau de la relaxe prononcée à l'encontre des deux femmes politiques.


