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[L'édito de Pierrot Dupuy] C’est officiel : il ne suffira plus à un enfant comorien de naitre à Mayotte pour devenir Français

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 12 septembre 2018 à 10H00

[L'édito de Pierrot Dupuy] C’est officiel : il ne suffira plus à un enfant comorien de naitre à Mayotte pour devenir FrançaisLes magistrats du Conseil constitutionnel ont décidé d’ouvrir la porte à une reconnaissance du droit du sang à Mayotte, en approuvant la loi Asile et Immigration sans y apporter de correction. Une décision très importante pour Mayotte car c’est elle qui est concernée, mais aussi au plan national car elle remet en cause le principe jusqu’ici intangible d’indivisibilité du territoire national.
 
Jusqu’à présent, la France ne reconnaissait que le droit du sol. C’est à dire qu’il suffisait à un étranger d’être né sur le territoire français pour qu’il puisse déposer une demande de naturalisation une fois devenu majeur.
 
Dorénavant, et uniquement à Mayotte, il ne suffira plus d’être né sur le territoire. Il faudra en plus que l’enfant soit issu d’un couple dont au moins un des parents a résidé sur le territoire en situation régulière pendant au moins trois mois.
 
Sont clairement ciblées les femmes comoriennes qui prennent des kwassa kwassa pour venir en grand nombre accoucher à Mayotte.
 
L’an dernier, sur les 9.500 naissances enregistrées à la maternité de Mayotte, ce qui en fait la plus grande maternité de France voire d’Europe par le nombre de naissances, plus de 75% étaient de mère étrangère...
 
Les autorités françaises espèrent tarir ce flux en supprimant la possibilité aux enfants nés à Mayotte de devenir automatiquement français à leur majorité.
 
Il est vrai que lutter contre l’immigration clandestine à Mayotte s’apparentait jusqu’ici à vouloir vider l’océan Indien avec une petite cuillère. Aujourd’hui, une personne sur deux vivant à Mayotte est un migrant en situation illégale.
 
Et pour quelques dizaines de Comoriens renvoyés chez eux tous les mois, quand leur pays veut bien accepter de les récupérer, ce qui n’est plus le cas depuis plusieurs mois, ce sont des centaines de nouveaux qui arrivent par bateau...
 
Il n’en reste pas moins que cette loi ne règlera pas tout. D’abord il n’est pas sûr que toutes les femmes comoriennes qui risquent leur vie pour traverser le bras de mer jusqu’à Mayotte le fassent uniquement pour obtenir la nationalité française pour leurs enfants. Il est probable qu’un certain nombre d’entre elles le fassent également pour pouvoir accoucher dans un hôpital digne de ce nom, avec un personnel formé et du matériel dernier cri. Celles-là continueront à faire la traversée.
 
Quant aux autres, il existe déjà une pratique très répandue à Mayotte qui consiste pour un homme mahorais, donc bénéficiant de la nationalité française, à reconnaitre les enfants de femmes comoriennes en situation irrégulière, contre espèces sonnantes et trébuchantes. Un moyen de se faire une petite monnaie, ni vu ni connu. Sauf que c’est totalement illégal. Là aussi, il va falloir que la justice trouve la parade.
 
A peine on pense avoir bouché un trou qu’un autre apparait...
 
Quoi qu’il en soit, même si ce trafic devait perdurer, le nombre d’enfants concernés sera sans commune mesure avec ce qui existait jusque-là...

 

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