Lettre ouverte aux signataires de la pétition de soutien au président Rochdi
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En résumé, dans le courrier des lecteurs publié le 16 décembre sous l’intitulé : "Mise au point sur un débat qui agite l'université de la Réunion” les signataires estiment outranciers les propos tenus contre le Président de l’université par quelques enseignants-chercheurs de la filière Sciences de l’Education mécontents des résultats de l’évaluation de l’AERES.
Ils affirment que Mohamed Rochdii ne peut être tenu pour responsable au regard de “la règle qui veut que le Président n’intervienne pas dans l’évaluation” (sic). Et plus loin, “qu’il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour défendre les dossiers lors de la négociation avec le ministère”(resic).
Serment d’allégeance ou prise de position étayée ?
A chacun de s’en faire une idée. Par souci de brièveté nous ne mentionnerons dans la mesure du possible qu’un seul fait parmi d’autres à chacune de nos objections à la liste des inventions contenues dans ce courrier de soutien.
Le Président n’intervient pas dans l’évaluation: Faux. Le rapport du laboratoire DIMPS mentionne un entretien de 20 minutes accordé aux experts par le Président et le VPCS et la conclusion de ce rapport expose clairement le soutien détaillé de la présidence à cette unité de recherche.
Il a bien négocié avec le ministère: Faux. Le seul document disponible relatant les conclusions de cette négociation a été transmis plus de quatre semaines après la date de la rencontre au ministère et se révèle d’une lecture tout à fait édifiante (je le tiens à disposition de ceux qui ne l’auraient pas lu). La licence créole avec un C obtient un avis favorable sur la base d’un dossier vide où n’apparaissent ni l’intitulé de la mention, ni celui du parcours. Résultat de la négociation : “ favorable à condition de fournir des réponses complètes et précises (point par point) aux observations de l’AERES”. Ici, on valide sur du vide. Qui a parlé d’objectivité ?
Pour la licence d’ethnologie la sentence est sévère: “une spécialisation ethnologie dès la, licence est irrecevable. Pour quelles raisons? C’est j’en suis persuadé la question qui vous serait venue spontanément, mesdames et messieurs les signataires. Et je parie que vous vous seriez battus pour la maintenir sachant qu’elle existe depuis 20 ans à l’université.
Ce constat n’est pas sans rapport avec ce qui suit concernant les Sciences de l’Education. “Défavorable. A titre exceptionnel, proposer en substitution, lors de la mastérisation des métiers de l’enseignement, une L3 généraliste SHS, conduisant à la préparation aux métiers de la formation et de l’enseignement. Défavorable pourquoi ? Personne ne le sait car même avec un dossier vide l’avis aurait pu être favorable. Le meilleur reste à venir puisqu’il nous est demandé de mettre en place deux parcours de SHS dont les intitulés reprennent mot pour mot ceux proposés dans notre Licence SE. A la place du Président que vous vous seriez fâchés tout rouge en demandant si l’on ne vous prenait pas pour des demeurés. Manœuvre ou négociation car il est mentionné pour la Licence d’ethnologie, passée à la trappe, que des enseignements de cette discipline pourraient être intégrés à la Licence SHS.
Bizarrement aucun d’entre vous n’a dénoncé ce fourre-tout que l’on propose à une université considérée de seconde zone accueillant des attardés mentaux que l’on peut placer sans vergogne dans une impasse. Le candidat à une mobilité post-licence aura-t-il la garantie de pouvoir intégrer un Master de sociologie, un Master d’ethnologie, un Master de psychologie, un Master de Sciences de l’Education ? De qui se moque-t-on ?
Venons-en à présent aux accusation dites graves portées contre le Président.
- opacité et autorité: Vrai. L’exemple choisi illustre simultanément les deux reproches. Le Conseil scientifique vote la publication et le profil d’un poste de MCF en SE le mercredi après midi. Le lendemain en CA le Président déclare avoir eu une illumination dans la nuit et soumet au vote la publication de ce poste (libéré par notre collègue JF Hamon promu au grade de professeur) en Anthropologie. Si cet exemple ne vous suffit pas j’en ai beaucoup d’autres à votre disposition.
- Clanisme : Vrai. Prenons l’exemple des promotions selon des critères objectifs dites-vous? Alors comment se fait-il qu’un collègue que je ne citerai pas, professeur de 2ème classe depuis bientôt 10 ans, qui a été Doyen pendant 10 ans, qui fait soutenir une thèse par an, qui dirige trente mémoires de master par an, qui participe à plusieurs colloques et séminaires internationaux par an, qui dirige la publication d’un ouvrage collectif par an, qui préside un colloque international par an, qui participe à des jurys de thèse dans l’hexagone … n’ait jamais été promu à la 1ère classe surtout que vous semblez dire qu’avec Rochdi, c’est "plus transparent et plus objectif tu meurs !". Ce collègue n’a certainement pas dû choisir le bon clan.
- Destruction de la FLSH: Vrai. L’exemple de la disparition d’une filière et d’un laboratoire qui accueillent 400 étudiants et qui comptent 10 enseignants-chercheurs dans une discipline qui ne proposera plus un seul diplôme propre à la 70ème section l’année prochaine n’est-ce pas du gâchis? Pour avoir été Doyen et donc animateur de la conception et de la défense de deux contrats, je ne me souviens pas avoir été mandaté pour fermer une filière ou un labo. Grâce au soutien de la composante régulièrement informée de mes négociations avec le ministère plus précisément avec M. François Querel, les anciens s’en souviennent, nous avons pu maintenir Oracle et renforcer nos masters sans essuyer une seule perte. Il convient de signaler que le mérite en revient autant à la solidarité qui prévalait à l’époque qu’à ma personne.
- Représentation de la FLSH dans l’équipe dirigeante: Vrai. Il ne s’agit pas ici d’un reproche mais d’un constat qui montre les difficultés du Président à gérer les dossiers des LSH. Que personne n’ait accepté d’intégrer l’équipe de direction comme vous l’affirmez, en dit long sur les limites de la solidarité que vous affichez aujourd’hui chers collègues de la FLSH. "Quelle hypocrisie !” pourrait conclure un observateur extérieur ?
Et pourtant chacun pourrait se rappeler sans trop d’effort, mon propos respectueux à l’adresse du Président à qui je proposais lors de l’AG du 2 décembre de repartir au combat avec le soutien unanime de la communauté. Il ne serait alors plus seul, lui disais-je, face à ses interlocuteurs pour dénoncer les incohérences des rapports et des propositions concernant notre établissement et obtenir le maintien de toute notre offre de formation.
J’insistais sur le fait qu’étant la seule université française dans un rayon de 10.000 km, fermer une filière revenait à condamner nos jeunes étudiants boursiers à partir sans garantie de pouvoir faire face aux contraintes qu’impose la mobilité. Mais il n’y a pas de meilleur sourd que celui qui ne veut pas entendre devrais-je en conclure. Et la solidarité dans tout çà?
Mes chers collègues, vous me voyez désolé de vous dire que votre position n’est pas tenable et encore moins crédible. A votre décharge, je dirais cependant que personne d’entre vous n’a certainement pris connaissance de manière exhaustive des rapports et des documents autres que ceux concernant sa propre filière. C’est ce qui explique votre prise de position affective, c’est aussi cela le clanisme, c’est aussi cela qui annonce des lendemains qui déchantent. Vous n’aurez pas l’excuse de l’ignorance sauf, en plus d’être sourd, à ne pas savoir lire.
Pr Michel Latchoumanin


