Samuel Mouen : "Met ensemb" derrière une liste aux Régionales

Parce qu'il y a "un temps pour l'écoute et un temps pour la revendication", le président de la Fondation France Outre-mer, Samuel Mouen, reprend plus que jamais du service. Il a d'ailleurs ôté sa casquette de journaliste au profit de celle de militant. Trois semaines de congés nécessaires pour rencontrer, échanger, communiquer car "que l'on soit journaliste, médecin, plombier, sans emploi... nous sommes, avant tout, citoyens", a-t-il souhaité rappeler.
Ainsi, la Fondation France Outre-mer confirme sa volonté de conduire une "liste citoyenne" aux prochaines élections régionales. Son objectif principal est de mobiliser tant la société civile que les entrepreneurs, les intellectuels... au sein d'une alliance que l'on pourrait appeler "Alliance des abandonnés 974", selon ses propres termes. Mais la Fondation ne veut pas d'une liste de plus, pour être efficace, elle veut rassembler : l'appel est lancé à tous ceux qui souhaitent se constituer en petites listes. Dans cette préfiguration, exit les "Didier Robert et autres Paul Vergès" et "tout sauf des Magamootoo" affirme la Fondation car sa devise est sans détour : "toujours servir, jamais se servir !". Le message est passé.
"Nous ne choisirons ni la peste, ni le choléra"
Ce mercredi 23 décembre, une première réunion de concertation est prévue avec diverses associations et syndicats qui auront bien voulu honorer cette rencontre. "Je veux une alternance politique, je veux contrecarrer le processus déjà bien en marche de démobilisation et d'abstention. En multipliant le nombre de petites listes, on sacrifie l'intérêt général. Et dans ce combat, nous ne voulons ni affaiblir les uns, ni maintenir les autres. L'opposition n'a rien de plus à proposer que le sortant. Nous ne choisirons ni la peste, ni le choléra"... Là encore, l'homme de terrain ne mâche pas ses mots et il est bien déterminé à agir. Pas de conclusions trop hâtives cependant, Samuel Mouen martèle qu'il ne veut pas être candidat aux Régionales.
Le dernier Parlement des citoyens organisé par la Fondation France Outre-mer s'est tenu à Saint-Benoît, le 8 novembre dernier. Le débat avait réuni une centaine de personnes. C'est ce jour que le premier appel à candidature pour une "liste citoyenne" a été formulé en vue des prochaines élections régionales. Depuis, plus de 250 appels et demandes de candidatures sont arrivés entre les mains du président. Une satisfaction pour lui, qui le crie haut et fort : "Sans nul doute, les plus défavorisés ont été délaissés et il y a une demande forte".
"Les syndicats crient, les visites ministérielles se multiplient mais qu'est-ce qui a changé ?"
400.000 Réunionnais à la CMU, 140.000 illettrés, 130.000 travailleurs sous le SMIC, 120.000 chômeurs, 80.000 Rmistes et 30.000 demandeurs de logement... Les chiffres parlent d'eux-mêmes pour le président de la Fondation. Des chiffres qui, regrette-t-il, tendent à être banalisés : "Les syndicats crient, les visites ministérielles se multiplient mais qu'est-ce qui a changé ? A part rendre ces données banales aux yeux de tous...", souligne Samuel Mouen.
Mais il rappelle toutefois que cet ensemble représente aujourd'hui la force politique la plus importante. Et le jour où elle sera organisée... "Ça a commencé avec les CCP (Comités contre le chômage et la pauvreté). Au dernier recensement datant du 1er avril 2009, il existait 1.763 comités avec en leur sein, 20 à 25 personnes dans chacun. On n'a pas attendu la venue du président de la République à la Réunion, ni même des élections pour exister", ajoute le président.
Et avant l'échéance des Régionales, c'est l'étape "test" que la Fondation France Outre-mer veut relever: Interpeller le président de la République, Nicolas Sarkozy, lors de sa venue sur notre île - s'il vient bien sûr-. Il poursuit : "Jacques Chirac était arrivé pour réduire la fracture sociale... Elle a doublé à son départ. Nicolas Sarkozy a été élu pour être le président du pouvoir d'achat...Il a amplifié la casse sociale. C'est un constat d'échec. Pour autant, doit-on s'arrêter à cette analyse ? Non. On veut signifier au président que nous sommes dans un climat de risques, de tensions, d'implosion sociale...".
Attitude conventionnelle oblige, les politiques se feront bien voir aux côtés du chef de l'Etat... Et c'est là que Samuel Mouen lance ce que certains considéreront comme un défi fou : "Nous voulons que tous les élus de la Réunion nous attribuent leur carton d'invitation du dîner partagé avec le président. Ce sera la meilleure démonstration, non pas de faiblesse, mais de soutien. Il existe des gens capables de parler au président des chantiers primordiaux que sont l'emploi, le logement et l'égalité des chances".


