Le célibat des prêtres en question
Aucune image à la une trouvée pour cet article.
L’affaire du prêtre pédophile relance le débat récurrent du célibat des prêtres au sein de l’Eglise catholique.
On finit par oublier que le prêtre est avant tout un homme avec ses faiblesses et ses pulsions que certains maîtrisent difficilement.
Ce problème concerne tout le monde catholique car des cas similaires mais douloureux, tant pour les victimes que pour les fidèles, sont régulièrement signalés dans la presse nationale voire internationale.
La Réunion n’a jamais été à l’écart de ce problème, mais les victimes, à une certaine époque, n’ont jamais osé en parler ouvertement de peur d’être culpabilisées ou mises à l’index par une Eglise exerçant un pouvoir moral et spirituel sur tous les fidèles, dont certains sont dans des situations précaires.
On retrouve les mêmes fondamentaux dans ce genre d’abus : le charisme du curé, sa notoriété dans la paroisse, l’exploitation de la fragilité et la misère des jeunes, l’attraction aux jeux et aux plaisirs de la société de consommation, etc…
Ce cas de pédophilie risque de donner des idées à d’autres jeunes qui à un moment de leur vie ont été abusés par d’autres curés. C’est bien le moment de crever l’abcès et de mettre en lumière les tares d’un précepte qui résiste difficilement à l’évolution des mœurs.
Heureusement pour certains curés que les aventures passagères avec des femmes ou des hommes majeurs, ne sont pas pénalement punissable, car cette déviance a toujours existé, mais elle est restée enfouie sous une chape de plomb.
Il suffit pour s’en convaincre de se rappeler le statut de certaines "Bonnes de Curé" dont les conditions en fin de vie ont fait l’objet dans l’hexagone d’un très bon reportage télévisé.
Ce panorama incomplet de déviationisme au sein de l’Eglise catholique suscite quelques remarques : Le Vatican est trop conservateur et dogmatique sur le célibat des prêtres, la doctrine et les règles n’ont pas été adaptées à l’évolution de la société, d’où cette crise de vocation.
Dans le département, au lieu de prôner un prosélytisme débridé pour recruter des fidèles, l’Evêque devrait s’attacher à combattre les dérives de certains de ses représentants dans les paroisses , et surtout sanctionner ceux qui violent leur vœu de chasteté.
Une plus grande transparence permettrait sans aucun doute aux fidèles de consolider leur foi, car ils se sentent trompés et trahis par le silence assourdissant de la hiérarchie sur des faits avérés mais non dénoncés à la justice.
Les catholiques de la Réunion méritent certainement plus de respect et moins d’hypocrisie. La repentance est un placébo d’un autre âge.
Fabien H.


