Les entreprises jeunes et innovantes peinent à accéder à la commande publique

A qui la faute ? Pourquoi des entreprises réunionnaises, jeunes et innovantes, créatrices de richesse et d’emplois, sont reconnues en métropole et à l’étranger, et sont si peu considérées dans notre département ?
Sans le vouloir hier, certains responsables des douze entreprises qui ont pris part au Salon des maires, ont involontairement pour certains et volontairement pour d’autres, soulevé cette interrogation. “Nous avons rencontré plusieurs élus de La Réunion lors de cet événement”.
Entre ceux qui ont été surpris de découvrir qu’il existait à La Réunion de telles technologies de pointe pour mesurer l’efficacité énergétique dans le bâtiment ou le développement des énergies nouvelles, et ceux qui ne comprennent toujours pas pourquoi de telles informations ne sont parvenues jusqu’à eux, il y a ici dans notre île une situation surprenante.
“C’est vrai que cela peut paraître paradoxal. Il nous faut d’une part partir à 10.000 km de chez nous, pour rencontrer nos élus, et d’autre part, participer à un Salon national, celui des maires, pour être crédible aux yeux de nos décideurs politiques”.
Nos élus mal informés, ont-ils également le syndrome de la goyave de France ? Si la plupart des responsables d’entreprise présents au Salon des maires préfèrent invoquer un manque d’informations et de communication, en aparté deux ou trois dirigeants n’ont pas caché leur amertume face à leurs difficultés à accéder à la commande publique.
“C’est un fait, nos produits, nos prestations ou nos services ont semble-t-il plus de valeur quand les élus réunionnais les voient exposés à Paris plutôt qu’à La Réunion. Nos entreprises ont pris une autre dimension à leurs yeux. C’est sûr, nous sommes devenus plus crédibles”. C’est ce que la presse appelle communément le syndrome de la goyave de France.
Il y a une autre raison à cet état de fait et c’est sans aucun doute la principale. Il existe à La Réunion des réseaux politiques et économiques qui ont la mainmise sur une partie importante des marchés publics. Des intermédiaires (administratifs, intervenants divers et élus) au pouvoir de nuisance terriblement efficace, veillent au bon fonctionnement du ou des réseaux.
Les entreprises, jeunes et innovantes (hormis les sociétés de conseils, cabinets d’études ou consultants), au management moderne et très lié aux nouvelles technologies, sont souvent difficiles à évaluer et à cerner pour la “vieille école”. Il est vrai aussi que l’argent qui ne circule que d’un compte bancaire à un autre puis à un autre, ça laisse des traces… Sauf dans les grandes entreprises qui sont rodées à ce genre de pratiques.
Parfois, la justice en est témoin et juge, mais pas assez souvent malheureusement…


