Le devoir de réussite d’Huguette Bello

Nous savons tous ce que vaut UN sondage. Nous savons aussi ce que valent DES sondages … mathématiquement mais aussi du point de vue des autoréalisations. A Huguette Bello, ils font maintenant obligation. Obligation de faire gagner la gauche … dans une île, dit-on, « hors-norme ». Obligation d’abord parce que les autres gauches, aussi respectueuses soient-elles, ne sont plus en mesure de jouer les centrifugeuses.
La fédération socialiste et sa dissidence Le Progrès sont trop mouillées par les pitoyables politiques du Président Hollande et de ses deux gouvernements ; les Verts d’EELV sont perçus comme trop opportunistes du fait leurs indécisions stratégiques permanentes et se sont surtout totalement vus démonétisés par les reniements d’une de leur ex-égérie locale devenue maire ; enfin tous les autres partenaires théoriques apparaissent comme trop marginaux du seul considérant électoral. Obligation ensuite, parce qu’une défaite de la gauche signerait une ère de reconstruction qui, par le vide, ferait surtout le jeu des démagogues, fortunés et doués en communication … peu nombreux par essence à gauche.
Huguette Bello a donc désormais, et pour la première fois de sa vie politique, l’obligation de réussir à faire de son projet de rassemblement une force dynamique, capable d’entraîner le mouvement social local puis mécaniquement la majorité du large corps électoral de gauche réunionnais. Elle en a surtout la possibilité. D’abord, de part sa probité, sa respectabilité, ses expériences, sa combativité, ses moyens humains et financiers, … ensuite, de part son intelligence qui veut qu’elle a su tirer les enseignements sur ses faiblesses et ses excès passés, qu’elle a aussi su envisager – compte tenu de son réel fond de sauce idéologique – une stratégie électorale purement locale orthogonale aux stratégies élaborées au niveau national et enfin de part les circonstances d’adversité particulièrement favorables.
Mais on ne réussit pas un rassemblement politique qu’avec des femmes et des hommes … aussi brillants soient-ils ! Il faut aussi et a minima un programme. Et le programme d’Huguette Bello ne peut donc naturellement pas ignorer l’élection présidentielle de 2017. Il doit donc garantir, quel que soit ce qu’il adviendra en 2017, avec les quelques six ou sept milliards d’€ que la collectivité régionale sera amenée à engager, une croissance, obligatoirement verte et surtout suffisamment durable et forte pour créer des emplois, pour assurer de l’éducation y compris citoyenne, de la formation ciblée et pour corriger, au plus vite et de préférence par l’adhésion, les coûteuses tares de notre actuel système.
Il va donc lui falloir, pour convaincre de sa future réussite, montrer qu’elle est capable d’actionner le maximum de leviers règlementaires, organisationnels et financiers. Les choses, nous dit-on, s’engagent. Il faut donc maintenant, à une centaine de jours du scrutin, commencer à semer tout ça auprès de l’opinion pour qu’elle se l’approprie complètement.
Jean-Hugues Savigny
La Possession


