2 mois pour le pro de la cambriole: "C’est dur d’être en prison!"

Olivier a un CV judiciaire long comme un jour sans pain, essentiellement axé sur le casse de voitures, la détention et consommation de zamal et de menues effractions. Son cas n’est pas isolé et, comme ses dalons monte-en-l’air, il exprime mille regrets, jure par sainte Desbassyns qu’il ne recommencera plus et qu’il a l’espoir de travailler à sa sortie. Même si c’est pas demain la veille.
Mais, va savoir pourquoi, il nous a semblé déceler de la sincérité dans ses regrets.
Dans la nuit du 22 au 23 novembre 2013, au Tampon, il "passe par là" et aperçoit une voiture, genre modèle facile à déglinguer. Ni une ni deux, avec ses dalons, il tord les portières avant et met la main sur le sac qu’il a aperçu à l’intérieur.
Là, il faut quand même souligner l’inconséquence, pour ne pas dire la légèreté mentale de la victime : laisser une incitation au vol, bien en vue, sur le siège avant d’une voiture, la nuit, c’est du pousse-au-crime sans rémission. Quand on connaît les us et coutumes des rôdeurs… Je sais, ça n’excuse rien.
La victime dort profondément, mais pas sa voisine qui entend le bruit de la ferraille tordue et des vitres explosées. Alerte, branle-bas de combat, limiers sur les lieux. L’ADN des imprudents les fera tomber.
Olivier prétend avoir agi sur un coup de tête "mais il n’y avait pas de sac dedans".
Il s’excuse platement et dit en avoir assez de cette vie de patachon : "Mon tonton est prêt à me donner du travail dans son restaurant quand je sortirai. Je regrette chaque jour tout ce que j’ai fait. Je veux travailler."
Avant d’ajouter, piteux et pitoyable : "C’est dur d’être en prison !" On veut bien croire.
A son actif, ou comme preuve de sincérité, il faut ajouter qu’en prison, il a fait des demandes répétées pour être admis à une formation en maraîchage dans les structures adéquates de la Justice. Sans résultat.
Le substitut Saunier n’a pas été sévère et la Justice a condamné le prévenu à deux mois fermes, confondus avec les peines antérieures. Il devrait sortir dans pas longtemps et si ses regrets étaient sincères, ce qu’on veut bien croire, cela prouvera (on en a grand besoin) que la rémission est toujours possible. Ce pourquoi nous avons voulu raconter cette affaire, en soi très banale.


