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SRPP, médecins libéraux : ils ont raison.

Ecrit par zinfos974 – le dimanche 1 mars 2015 à 07H27

Il devient lassant, exaspérant, désespérant même, d’entendre les conducteurs gémir à pierre fendre sur les ondes d’une radio locale sous le fumeux prétexte qu’ils ne peuvent aller en pique-nique !

Je conçois que des professionnels aient besoin de leur véhicule plein ; des stations ont été réquisitionnées pour eux et ils sont les derniers à se plaindre. Pour les autres, ils devraient songer à une chose, une seule, toute simple : s’ils peuvent rouler habituellement, c’est justement parce que ces ouvriers de la SRPP sont là et triment à longueur d’année pour qu’eux, les monsieur-tout-le-monde, puissent rouler jusqu’à plus soif.
Alors, marre de cette exaspération et du sempiternel "nous lé pris en otages". Un peu de solidarité ne ferait pas mal dans le tableau, m… !

Si Shell et Esso peuvent revendre leurs actions à prix d’or, c’est parce que la SRPP roule (si je peux dire). Et elle roule parce que ses employés se cassent le cul à longueur d’année et de décennies.

C’est leur travail qui fait la valeur de la SRPP. Les patrons ne sont que des manipulateurs de fric qui jouent sur les cours mondiaux pour pressurer le consommateur, c’est tout. Mais, ainsi que nous sommes des milliers à le dire et l’écrire, la valeur fric comte plus que la valeur humaine et le travail.

Les ouvriers de la SRPP ne réclament pas la lune ; juste une petite reconnaissance pour ce qu’ils ont fait toutes ces années. C’est inhumain, ça ?

Malheureusement il est à craindre que leur grève ne soit qu’un baroud d’honneur. Comme lorsque la SIB (Colgate-Palmolive) a été zappée sans autre forme de procès : a-t-on vu les pouvoirs publics lever le petit doigt ? Tiens ! Fume !... Ce n’est pas une question de droite ou gauche. Lorsque les aciéries lorraines ont été liquidées, Sarko n’a pas plus fait qu’Hollande aujourd’hui.

Des promesses, des paroles pompeuses, creuses, de grandes déclarations hypocrites et puis nada, peau d’balle, zèf, zéro calebasse la fumée Grans-Bois !

Les médecins, eux, se retrouvent assommés par la Marisol (vous appelez "ça" une ministre, vous ? une sinistre plutôt) qui ne fait que répondre aux vœux des mutuelles, assurances et autres grands groupes financiers. Bref, encore et toujours la loi ultralibérale.

Je viens de me fâcher avec un pote. Nous évoquions ce sujet et il m’a dit avec un sourire infatué :
"C’est l’évolution qui veut ça. Il faut faire avec ou disparaître".

Il travaille pour un groupe ayant son siège à Prétoria, spécialisé dans le rachat des dettes de sociétés.
"Je les mets en liquidation et je récupère le fric. Ils n’ont qu’à suivre ou crever !"

J’étais à un doigt de lui foutre mon poing dans la gueule. Comme si la résignation était LA solution. Pas du tout : il y a encore des bascules, des battes de base-ball, des bois d’gouyaves que je sache.

Nous avons besoin des ouvriers de la SRPP comme de nos toubibs. Un minimum de solidarité ne serait pas superflu.

Jules Bénard

 

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