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Gag ou gaffe de la DAF ? Des fraises "empoisonnées"… libres à la vente

Tribunal correctionnel de Saint-Pierre, 30 octobre 2014.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 30 octobre 2014 à 16H43

Nos administrations n’en ratent jamais une et Courteline a encore bien des rigolades en perspective.

Marie exploite depuis 2007 un demi-hectare à Bois-Court, sur lequel elle élève des fraisiers. Consciente de la possible dangerosité de certains produits phytosanitaires, elle se tient au courant de ce qui est permis et de ce qui est prohibé. Elle n’a jamais eu d’inconvénient avec son exploitation jusqu’à ce jour d’août 2013 où un agent de la DAF (direction de l’agriculture et de la forêt) débarque chez elle.

"Il a déboulé direct chez moi mais les dizaines d’autres exploitants agricoles du coin n’ont jamais eu la moindre visite", précise la jeune femme à la barre.

Le consciencieux fonctionnaire embarque un bon kilo de fraises aux fins d’analyses. A la suite de quoi, peu de temps après, quelle n’est pas l’ébahissement de l’agricultrice qui s’entend dire qu’elle est poursuivie en justice pour utilisation de trois produits non homologués, donc dangereux pour l’organisme humain.

Devant la Cour, la jeune femme explique son incompréhension totale : "Ces produits sont interdits pour les fraises… mais autorisés pour d’autres fruits et légumes !"

Et de préciser que pour l’un de ces produits, elle savait que l’aspersion directe sur le fruit est interdite mais que son utilisation en irrigation au goutte-à-goutte parfaitement autorisée. Ce qu’elle prétend avoir fait.

"Au moment où j’ai procédé à l’irrigation au goutte-à-goutte, les plants n’étaient même pas en production. Il n’y avait que les racines et des feuilles".

Autre sujet d’incompréhension, le produit incriminé est interdit pour les fraises mais totalement permis pour les tomates, les carottes, les choux, etc. Mais il s’agit d’une directive européenne pondue par les cerveaux fertiles de Bruxelles. La dite directive comporte pas moins de 21 pages en "écriture Bible" que personne n’a jamais lues avec une attention soutenue.

Si le procureur Saunier a regretté que l’Administration de l’Agriculture et de la Forêt ne fût même pas venue s’expliquer, Me Brigitte Hoareau ne s’est pas gênée pour descendre en flammes la stupidité des directives… et la légèreté de ceux qui les appliquent les yeux bandés.

"La DAF se réfère au Code rural pour accuser ma cliente. Or les produits incriminés ne sont même pas interdits à la vente. Donc ce Code n’est pas applicable. Un des produits est homologué. Un autre l’est aussi mais sous un autre nom. Quant au troisième, il est incontournable contre les ennemis des cultures et lui non plus n’est pas jugé nocif pour l’organisme humain".

Et d’asséner le coup de hallebarde final : "On peut d’ailleurs se demander pourquoi la DAF a poursuivi ma cliente pour usage dangereux mais a autorisé à la vente les fraises du même lot restées sur pied ?"

En fonction de quoi la jeune fraisière a été dispensée de peine. Bruxelles devra revoir sa copie. Si du moins ses bureaucrates en sont capables.

 

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