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Home ciné, iPhone, vêtements : ils escroquent leur bienfaitrice

Tribunal correctionnel de Saint-Pierre, 30 octobre 2014.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 30 octobre 2014 à 16H05

Chronique de l’abus de confiance et de l’escroquerie ordinaires dans les familles…

Subir une escroquerie n’est déjà pas drôle. Lorsque les auteurs sont des personnes que vous avez considérées comme vos propres enfants, que vous avez hébergées, entretenues, soutenues… le tribut affectif est très lourd. C’est ce qu’a tenu à expliquer à la barre cette dame de Saint-Pierre dont le seul défaut est certainement d’avoir péché par naïveté sentimentale.

Lorsque Florence se met en ménage avec son nouveau compagnon, elle est loin de se douter de ce qui l’attend. Son ami a une fille d’une ancienne liaison, Emilie, 23 ans, fille que Florence finit vite par considérer comme la sienne.

"Je faisais les courses pour elle… Lorsqu’elle attendait son second bébé, qui accusait un retard de croissance, je me suis occupée de tout. A la salle de travail de la maternité, c’est même moi qui ai coupé le cordon ombilical…"

La voix qui se brise…

La jeune maman a un copain, Mickaël, qui se prétend sportif de haut niveau et occupe, selon lui, trois emplois.

"En réalité, il ne fichait rien, fulmine Florence. Et pour le sport, sa principale activité consistait à demander à mon compagnon, chaque matin, de l’emmener en voiture chercher son pain à la boulangerie du coin !"

Tous deux et les deux bambins profitent des largesses de la "belle maman". Un jour, la trop confiante dame laisse traîner sa CB sur la table du séjour (avec le code à côté, grossière erreur !) Emilie photographie son numéro sans plus de façons. A partir de là, les achats sur internet vont se multiplier. Home cinéma, iPhone, vêtements en quantité non négligeable (pour plus de 1000 euros quand même), objets de soins mais aussi cadeaux, jouets pour les enfants. En tout, deux commandes au nom de Mickaël et quatre à celui de sa complice Emilie.

"Mais cette dame vous aidés, elle vous a hébergés. Vous n’aviez aucun remords ?", interroge la présidente Peinaud.

Curieux système de défense pour Mickaël : "Oui mais elle le faisait à contre-coeur ! Parce qu’elle nous reprochait d’avoir deux enfants et de nous avoir hébergés pendant un an".

L’incompréhension est nettement perceptible dans toute l’assistance devant cet échange surréaliste.

Défense encore plus incompréhensible pour la jeune femme : c’est son copain qui a tout combiné ; elle, elle n’y est pour rien. Argument que son avocate tentera de faire accréditer, disant avec aplomb : "Depuis le début, ma cliente a toujours maintenu ses dénégations !"

A se demander à quoi servent enquêteurs, procureurs et juges puisque les accusés réfutent tout ce qu’on leur reproche. Ce procès n’est qu’un gaspillage d’argent public puisqu’ils nient, on vous dit !

Cela me rappelle d’un historien local relatant à sa façon un célèbre procès d’assises suite à l’assassinat d’un candidat aux législatives : "Les trois accusés ont toujours nié leur participation à ce crime !" C’est bien la preuve qu’ils étaient innocents, non ?

Le tribunal n’a quand même pas été dupe. Ils écopent chacun de 140 heures de TIG, faute de quoi, en cas de non-exécution, ils auront droit, lui à un mois ferme, elle à deux mois. Ils devront solidairement payer 100 euros de dommages et intérêts à leur trop confiante bienfaitrice. Qui jura mais un peu tard…

 

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