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Transparence, Responsabilité, Courage…

Ecrit par zinfos974 – le lundi 3 février 2014 à 09H07
Parmi les objectifs du nouveau décret sur le carburant figure celui de la transparence. Le grand débat en 2013 avait décortiqué la formation du prix du carburant. Il est aujourd’hui transparent  à partir de son arrivée au Port. Ce qui a posé problème (à Solidaires974) et pose toujours problème aujourd’hui :
Dans le prix CAF :
 
- il est toujours impossible de savoir la valeur réelle des carburants achetés à Singapour (fameuse zone d’ombre décriée par l’IGF) et donc les gains réalisés à ce stade par les pétroliers ;
 
- le coût d’acheminement des carburants à la Réunion par un bateau dédié (le Tamarin) défiscalisé et dont les factures sont deux fois plus importantes que n’importe quel navire affrété sur le marché. (il faut souligner que très peu de réunionnais ne figurent parmi les membres d’équipage et ce contrat qui devait être renégocié (à la baisse) par Bercy au mois de novembre 2013, qu’en est-il ?)
 
Sur la pertinence des marges :
 
- Grossistes : la marge n’est actuellement calculée que pour l’activité de grossiste alors que les pétroliers (Total, Shell et SRPP par exemple) sont  importateurs, stockistes, grossistes, loueurs de stations, importateurs et vendeurs de bouteilles de gaz. Des bénéfices sont réalisés sur chacune de ces activités dont certaines sont particulièrement confortables. Solidaires estime qu’il faut prendre en compte l’ensemble des activités pour calculer les rémunérations.
 
- Stations : il y a des stations importantes car bien situées et d’autres plus petites. La marge est pourtant la même pour toutes. Puisque toutes les stations affichent le même prix maximum, Solidaires avait demandé la modulation des marges pour limiter les effets d’aubaine.
Le nouveau décret n’apporte aucune réponse à ces situations de rente. Le ministre a même lâché prise sur l’approvisionnement face à la pression des pétroliers.
 
A raison de 500 millions de litres consommés chaque année à La Réunion : chaque centime de trop payé par le consommateur rapporte 5 millions d’euros de recette supplémentaire aux pétroliers.
 
Fiscalité : Même si elle est importante, elle reste inférieure à l’hexagone de 20 % pour le gazole et 10 % pour le sans plomb. Mais les recettes fiscales d’environ 250 millions d’euros sont-elles utilisées à bon escient ? Quelle politique de transport collectif est mise en œuvre pour proposer une alternative à l’usage de la voiture ? 
 
Dans ce conflit qui a placé les gérants entre le marteau et l’enclume, le Ministre reste au milieu du guet et laisse les gérants dans la fosse aux pétroliers. Oui, les gérants ont raison d’avoir des craintes de leur pétrolier propriétaire car ni Bercy, ni M. Lurel ne pourront empêcher ces derniers d’augmenter les loyers de manière unilatérale. Mais les gérants ont tort de le faire subir aux réunionnais et à l’économie locale déjà mal en point.
 
Le syndicat des gérants des stations doit prendre ses responsabilités et saisir au nom de ses mandants l’autorité de la concurrence en dénonçant l’abus de dépendance économique dont ils sont victimes.
 
Solidaires avait saisi l’autorité de la concurrence en 2013, laquelle avait répondu sur ce sujet que rien n’empêchait un gérant de saisir l’Autorité et en cas d’abus, elle pourrait faire les recommandations utiles, voire demander la suppression des clauses incriminées.
 
Solidaires avait demandé à ce que certaines clauses de ces contrats soient encadrés pour que les pétroliers ne puissent plus s’approprier à travers les loyers (comme c’est le cas actuellement) une partie de la marge dévolue aux stations. Cette proposition n’a pas été retenue et manifestement le décret ne propose rien non plus.
 
Au delà des points qui ne semblent pas être traités par le nouveau décret, la dépendance économique abusive soulevée par Solidaires974 lors du Grand Débat explose à la figure de ceux qui pensaient qu’ils pouvaient toucher aux pétroliers seuls, sans toucher à ces contrats. Cette situation met à nouveau sous pression le syndicat des gérants, qui préfère ne pas renouveler l’expérience en ne dénonçant pas la situation d’abus, par crainte de représailles. Mais jouer le jeu des pétroliers n’est pas la bonne option. 
 
Ce qui est certain c’est que le consommateur réunionnais (privé et professionnel) ne veut plus être le dindon de la farce. Le statut quo n’est plus acceptable. Faut-il rappeler les millions voire les milliards de bénéfices réalisés par les pétroliers ou leur condamnation pour entente illicite en 2008 : 41 millions de fraude payés par les clients réunionnais sur leurs billets d’avion mais qui n’ont cependant rien récupéré.
 
Alors maintenant que c’est la pause : M. Lebon il va falloir prendre ses responsabilités et dénoncer l’abus de dépendance plutôt que de se plaindre et s’excuser de mettre la Réunion dans cette situation ; et M. le ministre travailler sérieusement avec ces gérants pour mettre fin à cette situation d’abus qui ne peut perdurer.
 
Le Délégué Régional de Solidaires Réunion 

 

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