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Quand la Sécu t’envoie chier... tu peux toujours crever !

Ecrit par zinfos974 – le lundi 6 janvier 2014 à 10H57

Quand t’as pas droit à la retraite après avoir bossé toute ta vie (eh oui !), tu es bien content de bénéficier d’un minimum vieillesse. Il a été, dans l’temps longtemps, de 600 euros. Rétrécissant comme mes burnes sous une pluie glacée, il atteint péniblement aujourd’hui 550 et quelques farines.

Mais au moins, pour les soins, il y avait la Vitale plus la CMU. Et là, surprise, ma dernière ordonnance n’a pas été honorée. Plus exactement, c’est moi qui ai renoncé, comme des milliers d’autres, à me soigner : ma CMU ayant été sucrée sans préavis par la Sécu, ne pouvant allonger la sauce, je me suis résigné à laisser les médocs sur le comptoir de l’apothicaire, lequel s’en trouva fort marri.

Malgré l’état lamentable de mes lombaires et de mes hanches, je me traînai jusqu’à la Sécu pour m’entendre dire : « Vous n’avez pas rempli de demande de renouvellement. Votre CMU est annulée depuis octobre ». Prends ça po toué !

Elle est forte celle-là, comme dirait Anise (inside joke). « Mais on ne m’a pas prévenu que… »

« On n’envoie pas toujours d’avis », m’a dit la gentille préposée, aussi expressive qu’une portion de frites. Et de me coller sous le nez un épais dossier à remplir, d’urgence cela va de soi, et in tacon de pièces à fournir, des pièces que j’ai déjà fournies plusieurs fois les années passées. Ils doivent avoir un dossier épais comme une âme d’usurier à mon nom.

De toute façon, je ne pourrai jamais fournir quoi que ce soit, étant dans la quasi impossibilité de me déplacer. « Mais il faut vous soigner… » C’était justement mon propos, mademoiselle. Là, elle a eu un trait de génie, un éclair auprès duquel ceux d’Einstein font figure de lampe bobêche :

« Voyez le CCAS ». Ah oui ! le CCAS. Où mon nom est surligné en rouge vermillon. Parce que le maire ne supporte ni ma tronche ni mon franc-parler. Si je me pointe là-bas, ils m’allument au lance-flammes avant de commencer à causer !

Je sais bien que la Sécu doit économiser. Faut-il que ce soit forcément sur les endosses de ceux qui en ont le moins ? Je ne suis pas le seul dans ce cas : des milliers de gens ici, des centaines de milliers en métropole, ne se soignent plus. Des agriculteurs aux reins verrouillés par l’effort d’une vie, n’ont même pas ce minimum vieillesse. Des mamans courent après une aide pour nourrir leurs enfants et vont au Secours catholique (moi aussi) pour quelques vêtements, etc.

C’est sans doute ce que l’on appelle le socialisme à la française. Quoique… le sarkozysme à la parisienne ne nous a pas mieux lotis.
Il y a des élections bientôt me dit-on ? A la Une, à la Deux, à la…

Jules Bénard

 

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