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Vous avez dit "familiocratie"?

Ecrit par zinfos974 – le lundi 25 novembre 2013 à 10H17

C'est un mot qui a été lancé dans le contexte de la candidature de Claudy Fruteau à Saint-André sous la bannière du PLR ; l'épouse du maire en place, en effet, prend la tête de la liste qu'aurait conduite son mari s'il n'était pas inéligible par une décision de justice. Cette stratégie des époux Fruteau a déclenché de sévères critiques d'Huguette Bello. Cette dernière y a vu une violation des principes de son mouvement, un déni de démocratie, et même une atteinte grave à la morale.

Mais Huguette Bello semble découvrir une réalité : une odeur de népotisme est perceptible partout et depuis toujours. La montée dans la hiérarchie du pouvoir politique d'un fils, d'une fille, d'un filleul est courante. Tous les partis, y compris les extrêmes, plus à droite qu'à gauche, ont pratiqué la patrimonialisation du pouvoir, ont favorisé des personnes au détriment du mérite des autres et des intérêts de la collectivité. À Saint-Paul, la vision du nom comme un capital politique a même été utilisé en contre-mesure : la tactique qui consistait à pousser un candidat portant le patronyme de son adversaire de façon à lui retirer des voix a été utilisée à droite comme à gauche. Tout cela explique sans doute que la classe politique ne s'est pas saisi de ce sujet important.

Dommage qu'elle ait attendu que son autorité de leader soit concernée pour intervenir sur la généalogie politique, alors que la saga des Dindar vient de connaître un nouvel épisode, que Thierry Robert porte la candidature de son frère à Saint-Louis sous les couleurs du LPA, et que dans d'autres communes des « fils de » sont en attente pour succéder à leurs pères, quitte à guerroyer dans leurs propres camps.

Ce captage familial est un faux problème pour peu que le relèvement de la pratique démocratique se mette en place. Après tout, le « fils de » ou  la "fille de » est dans l'obligation de faire ses preuves en tant que militant – par exemple, Pierre et Laurent Vergès, Alain Bénard. Ce sont les adhérents, les militants, et, in fine, les citoyens qui décident. À ces derniers de prendre leur responsabilité au moment du vote. Et ce d'autant plus qu'il arrive que la transmission ne soit pas opérante : Margie Sudre, à la région, n'a pas développé la même politique que son mari, qui lui avait cédé le fauteuil pour les mêmes raisons qu'Éric Fruteau. Ou encore que les électeurs rejettent la reprise du flambeau familial ! Mais une solidarité familiale est aussi une base sur laquelle il faut toujours compter, mais certainement pas dans la composition des cabinets des décideurs et des équipes autour des parlementaires où elle est presque devenue une pratique courante. Et pourtant,« tout ce qui est formellement légal n'est pas forcément moral ». Mais le processus démocratique doit aussi s'installer dans les organisations, par l'épuration des listes bidons des adhérents. La « familiocratie » ne passe pas là où il y a une bonne vigilance démocratique.

Mais il n'est pas à exclure que les propos enflammés d'Huguette Bello sur les Fruteau fussent un prétexte pour éviter la concurrence au sein de son mouvement. La promotion d'une femme potentiellement gagnante à Saint-André pourrait lui faire de l'ombre – deux poules ne couvent pas dans le même nid – et limiterait sa marge de manœuvre dans la préparation des régionales, puisque, particulièrement à la Réunion, la tactique est malheureusement l'essentiel de la politique.

Aimé LEBON, secrétaire de « Somin Féklèr »

 

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