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Mission impossible à l’université

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 21 novembre 2013 à 10H35

Monsieur le Président,

J’ai énormément galéré hier en milieu d’après-midi pour avoir des informations sur vos journées Traduction d’hier et plus spécialement d’aujourd’hui.

Je tiens d’abord à vous rassurer, j’ai reçu un accueil sympathique de votre personnel dans les trois endroits où je suis passé.
Là n’est donc pas le sujet de ce courrier.

En revanche, je suis sidéré à l’idée que l’on puisse imaginer, même en rêve, qu’il soit possible de traduire un évangile (lequel ? il y en a quatre !) en créole réunionnais.

Je ne sache pas qu’il y ait suffisamment de mots de vocabulaire dans notre hyper sympathique patois (3 000 mots et expressions spécifiques dans mon Grand Lexique créole) pour traduire l’immense richesse du grec ancien qui, lui, est une langue.

Pour bien connaître à la fois notre créole mais également les 4 Évangiles, permettez-moi de vous dire que c’est là mission impossible.

Le but serait-il de ridiculiser les Réunionnais sous le fallacieux prétexte de « valoriser » notre « langue », de donner du travail à des traducteurs au chômage en mal de reconnaissance ou de ridiculiser l’un de nos évangiles ?

En outre, il y a fort à parier que cette « traduction » serait effectuée « an kréol », un langage ésotérique compris que par de rares initiés.

Enfin, je lis sur le programme qui m’a été aimablement remis que cet après-midi, les échanges auront lieu dans l’amphi « Élie ».

Qui est ce grand personnage universitaire ? Un docteur ès lettres ? Un agrégé de grammaire ?

Un ami féru de l’histoire de notre île m’indique que c’est un obscur esclave à l’origine d’une révolte sanglante ici.

Son nom ne figure pas sur le bâtiment. 
Tant mieux ! Qui donc a pu avoir cette idée loufoque ?

Il serait judicieux, me semble-t-il, de proposer à nos étudiants un nom plus glorieux que celui du chef d'une révolte d'esclaves.

Proposez à nos étudiants une recherche de noms de personnalités réunionnaises, métropolitaines ou même mondiales plus à même de figurer sur le fronton d’un amphi de notre université.

Vous me pardonnerez, j’espère, de ne pas tenter de participer au colloque de cet après-midi dans vos murs car j’y ai déjà été échaudé à deux reprises. Une demi-heure de « débats » faisant suite à une heure et demie d’exposés, ce n’est pas sérieux. Sans moi !

Je vous remercie.

Armand Gunet

 

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