Luc Ferry: "Croire que la croissance mondiale et française dépend de Bercy est une blague"

Ce soir se tient le 3ème Ecodéfi organisé par la Banque de développement régionale de la CEPAC et l'association des Dirigeants commerciaux France. Plus de 200 invités sont attendus pour assister à la conférence débat sur le sujet de la Révolution des valeurs et de la mondialisation. Vaste sujet sur lequel se pencheront Philippe Waechter et Luc Ferry.
"Je vais parler de la mondialisation, pas seulement d'un point de vue économique (…), mais qui est aussi plus profonde et où notre rapport à l'histoire change de sens (…). Aujourd'hui avec le mot mondialisation, avec l'instantanéité des marchés financiers, nous sommes dans une société de compétition. L'histoire n'avance plus avec la représentation d'un grand projet, mais nous avançons poussé dans le dos par l'obligation d'innover en permanence ou de crever", explique Luc Ferry.
"Croire que la croissance mondiale et française dépend de Bercy est une blague"
"Si le capitalisme nous a sorti de la misère, l'histoire a perdu tout sens visible. Les politiques nationales ont perdu de leur puissance. Le politiques nationales sont impuissantes dans un contexte de marché mondial. Il y a un degré d'impuissance. Maintenant c'est de se dire comment reprendre la main sur quelque chose qui nous échappe totalement ? Croire que la croissance mondiale et française dépend de Bercy est une blague", ajoute-t-il. Pour Luc Ferry, la mondialisation s'apparente plus à un phénomène de destruction majeure sur les plans des moeurs et de la morale. Tout cette thématique fera l'objet de sa conférence sur la mondialisation.
Et dans un contexte de mondialisation, la France ne pourra reprendre la main sans une Europe forte. Européen convaincu, Luc Ferry se dit favorable à une Europe à 10 pays. Un point de vue partagé par Philippe Waechter. "Quand on regarde l'économie aujourd'hui, il n'y a pas de leader. Pas de puissance capable de tirer l'économie mondiale vers le haut. Alors pourquoi ? Les pays industrialisés se sont dévoyés avec la crise financière (…) et nous européens nous ne sommes plus attirés vers le haut comme par le passé. Comment faire en Europe pour retrouver une autonomie de croissance sans que les autres nous tirent vers le haut ?", s'interroge-t-il.
"Dans un cadre très mondialisé et qui le restera, on doit gagner en autonomie de croissance", poursuit-il. C'est que le modèle social européen et français est en jeu. "L'Europe c'est quoi ? C'est le seul espace de civilisation de l'autonomie individuelle. C'est le seul continent, seul espace culturel et politique, dans lequel nous sommes traités comme des adultes et non des enfants. Après se pose la question de la protection sociale, de notre modèle de liberté", souligne Luc Ferry.
"A ne rien faire on prend un risque d'être poussé vers le bas. Il y a une nécessité absolue de faire quelque chose pour continuer à exister. Comment fait-on dans cet environnement pour garder ce modèle social. Un modèle qui n'est pas tenable si la croissance est faible, qui pourrait disparaître si la croissance est nulle. A nous européens et de se dire qu'elle dynamique doit-on trouver pour maintenir les avantages et avoir un environnement plus agréable et efficace que dans un pays émergent. C'est cette problématique à laquelle on est confronté", ajoute pour sa part Philippe Waechter.
Mondialisation, économie, croissance, Europe... Philippe Waechter et Luc Ferry aborderont toutes ces thématiques ce soir.


