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La NRL va "compromettre le développement harmonieux du Sud"

Le collectif pour le développement de la micro-région Sud et le collectif Nou Vé Nout Tram font feu de tout bois pour stopper le projet de la nouvelle route du littoral. "Ralentissement du développement du Sud et impossibilité d’une alternative ferroviaire", sont les principales raisons de l'acharnement de leurs membres à faire dérayer le projet. Leur communiqué :
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 20 novembre 2013 à 12H15

"D’ici 2020, le sud accentuera sa prépondérance démographique avec 140.000 résidents supplémentaires pour contenir 37 % des réunionnais, ce qui représente un potentiel énorme en tant que moteur de croissance.

La croissance démographique engendrera un besoin de 89 600 logements dans le sud. D’ici 2020, le sud hébergera 58.000 personnes âgées d’au moins 60 ans dont 16.500 dépasseraient même les 75 ans.

Face à ces données fondamentales, le collectif pour le développement de la micro-région sud a la ferme conviction que le sud est à un  point de décision qui place l’ensemble des sudistes face à leur destin. Puisque les décisions qui sont prises ou pas prises pour les 4 années à venir conditionneront le futur du sud pour les 20 ans à venir. (…)

Or, nous craignons le pire avec le choix de la Région de tout miser sur la route du littoral. Soit à terme en 2020, plus de 2,4 milliards d'euros pour 12km de route. La conséquence de cela : il ne restera que des miettes pour le sud.

Il s’agit ici d’une décision grave qui pèsera pour longtemps. En effet, La Région qui prévoit 669 millions d’euros au départ de son projet devra à terme compte tenu de l’évolution des coûts et de l’inflation et compte tenu des impondérables inhérents à tout grands travaux, prévoir pour sa part au total 1,38 milliard sur les 2,4 milliards du coût définitif du projet.

On peut alors qualifier cette future route dans sa configuration à voies sur mer, de gouffre financier qui risque d’hypothéquer et de compromettre le développement harmonieux du sud par faute de finance.

Nous devons nous interroger alors : quelle est la légitimité de mobiliser autant d’argent, pour 60.000 usagers quotidiens sur la route du littoral (correspondant à environ 40.000 véhicules), car, il n’en reste pas moins 300.000 autres se déplaçant non sans difficultés. (…)

Il faut une nouvelle route de littoral mais pas celle-ci…Et il existe d’autres tracés moins coûteux que l’Etat et la région ont écarté. Et surtout moins préjudiciables pour la continuité du développement harmonieux de l’ensemble des micros-régions. (…)

Nous comptons donc nous mobiliser en transmettant à chaque commune du sud une motion qui en substance demandera aux maires d’être vigilants à la préservation des fonds du FEDER déjà actés pour le financement du développement de l’aéroport de Pierrefonds, considérant la situation structurelle et économique du Sud. La modernisation de l’aéroport et l’allongement de la piste de Pierrefonds pour un positionnement stratégique sur les moyens courriers. Et cela, afin de permettre à de nouvelles compagnies de desservir à partir du sud les pays émergents de la zone pour offrir notamment, de nouveaux marchés à notre filière agricole et agroalimentaire. C’est pour vous dire l’importance économique de cet outil en tant qu’effet de levier à la création d’emplois dans le sud.

Par ailleurs, nous allons interpeller le député maire Patrick Lebreton, et qui plus est, le président du syndicat mixte de Pierrefonds pour lui soumettre notre crainte d’une part. Et d’autre part pour qu’il agisse au plus haut niveau afin de préserver ces fonds FEDER au profit de l’aéroport du Sud. Car nous craignons réellement que les fonds du FEDER prévus pour l’aéroport de Pierrefonds risquent de basculer au profit du boulevard Nord.

La deuxième partie de notre point presse concerne l’alternative ferroviaire qui était déjà compromise avec la suppression des crédits du tram train (430 millions) du protocole de Matignon 1, en les redéployant sur une nouvelle route du littoral à travers la deuxième version du protocole.

La Région par cet acte compromettait pour l’avenir, toute possibilité de réaliser un transport ferroviaire. Ce choix était anachronique aux critères du développement durable qui doivent promouvoir les modes de transports propres. Aujourd’hui, nous pouvons dire que la réalisation de la NRL nous condamne au tout automobile et tire un trait définitif sur le réseau ferroviaire.

Alors que l’Europe avait pris part au financement du protocole de Matignon 2, sous condition d’un TCSP guidé, c'est-à-dire 2 fois 3 voies dont 2 pour le TCSP, en accord avec les directives européennes en matière de déplacement…Nous apprenons maintenant, que l’engagement de la région et de l’Etat pour une alternative au tout automobile est remis en cause par la configuration même de la NRL…

En effet, même si le SAR prévoit bien un Réseau régional de transport guidé de Saint-Joseph à Saint-Benoit et que le TCSP est le premier maillon de ce RRTG qui suivra en 2020 le chantier de la NRL, aucun financement n’est prévu aujourd’hui pour ce réseau !
 
Et d’ailleurs on peut même dire que, le souvenir des 150km du RRTG est ressuscité du SAR pour masquer la disparition d’une des voies du TCSP sur la NRL à cause d’un coût du tracé en mer qui se révèle croissant au fil des études…

En fait, la partie viaduc a été réduite à 5 voies (3+2 voies) au détriment d’une voie TCSP pour répondre à la demande du public d’une piste cyclable. La région, espérant contenir son budget conserve les voies automobiles et sacrifie l’emprise du TCSP. Il ne disposera qu’une seule voie sur la moitié du parcours de la NRL en viaduc.

Mais si vous interrogez la Région à ce sujet, on vous dira pour vous rassurer, que la suppression d’un sens du TCSP n’est que provisoire et la piste cyclable serait restituée au RRTG le temps venu. La piste cyclable serait alors accolée sur la largeur du viaduc sur un encorbellement métallique. Il s’agit d’une promesse mort née car qui peut croire qu’une piste métallique rapportée en porte à faux sur 6km et soumise en permanence aux embruns au dessus de l’océan soit une solution pertinente et durable ?

En définitive, la Région commet une entorse à ce qui était prévu dans le protocole de Matignon 2 puisqu’il y aura qu’une seule voie TCSP.

D’autre part, nous avons appris que la convention signée entre la Région et le commissaire européen dernièrement, ne prévoit aucun passage ferré et concède à un réseau guidé sur pneu…

Cela condamne donc, définitivement La Réunion à aucune voie ferrée, même si le SAR nous fait miroiter un RRTG pour 2030…

Pour conclure, nous disons qu’il faut une liaison sécurisée entre Saint-Denis et La Possession,  et que cela est nécessaire, mais pas cette NRL. C’est pourquoi, nous appelons tous les sudistes et l’ensemble des réunionnais de profiter de cette enquête publique pour contrer ce projet et offrir d’autres choix aux Réunionnais.

Krishna Damour
Porte parole des collectifs"

 

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