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Vouloir travailler, voila un concept bien difficile

Voici un récit d'une histoire vraie, des vérités camouflées.
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 20 novembre 2013 à 10H18

Cadres supérieurs, les vérités cachées… le véritable monde de l’Entreprise

Je suis un jeune de 32 ans, réunionnais de pure souche, sans emploi depuis un an jour pour jour.
Fils artisan, autodidacte, les valeurs du travail faisant parties de mon éducation.
Diplômé en commerce et communication, je m'oriente vers le domaine de la vente car je suis passionné par les relations et le contact humain.

De petits boulots en petits boulots, j'atterris conseiller commercial pour une immense concession automobile, ayant pignon sur rue.
Expérience faisant, le métier assimilé, je finis par y rester presque cinq années.
Faisant partie des jeunes anciens, au sain de cette entreprise ou le turn-over détient un record historique, je suis le genre d'employé calme, souriant et qui tous les matins commence sa journée en faisant le tour de l'entreprise commençant par la Direction pour terminer aux ateliers, afin de dire bonjour aux différents collègues et échanger quelques mots d'usage.

Au bout de quatre années de bons et loyaux services, la crise automobile fait son apparition. Mes collègues et moi, essentiellement rémunérés à la commission, subissons une baisse de salaire significative.
Malgré cela, pour la plupart, nous décidons de nous battre en espérant les jours meilleurs.

De la, à l'aube de la trentaine, des ambitions pleins la tête, je décide à contre cœur, de tenter ma chance ailleurs, essentiellement pour cause de rémunération insuffisante.

M'adressant à mon supérieur, je demande un entretien avec notre chère Directrice des Ressources Humaines. Se faisant très rapidement, avec diplomatie et la remerciant de son attention, je l'informe de mon souhait de partir et nous entamons une longue discussion, parfois agrémentée de sourires réciproques.
Elle m'explique donc les différentes procédures possibles en me précisant que les deux premières, sur les trois exposées ne sont pas envisageables. En effet, pas de licenciements car l'entreprise est en procédure de sauvegarde ; pas de ruptures conventionnelles car le PDG refuse cette pratique. Reste donc l'abandon de poste me dit on. En prenant soin de bien m'expliquer, toujours avec le sourire, que je vais bénéficier de « l'aide de retour à l'emploi », sans aucuns problèmes.
Séance tenante, je pars avec le sourire, l'entretien s'est bien passée.

Quelques mois de réflexions et finalement me voilà de retour sur le marché des demandeurs d'emplois. Pas plus de trois semaines entre les candidatures expédiées et le dernier entretien me signifiant que je suis retenue.
Conscient de ma chance, je décide donc, de garder le même tempérament.

Les premiers mois s’écoulent dans la joie et la bonne humeur, les Directeurs me tapent sur l’épaule pendant la pause café, ce qui est plutôt positif pour moi, car faisant partie d'un Groupe ou les CDI sont d'ordinaires validés en six mois, le mien se pointe au bout de quatre mois, avec à la clé, des compliments de la part de mes supérieurs.

Quelques mois plus tard, nous arrive un nouveau Directeur Commercial voulant sans doute marqué son territoire, qui lui en revanche ne me tape pas sur l’épaule, bien au contraire, d’ailleurs il ne tape sur l’épaule de personne.
Pratiquement en même temps, les démonstrations de jalousie d'un collègue, qui lui a du attendre trois fois plus longtemps pour obtenir son fabuleux sésame, car ses résultats étaient tout simplement plus bas que les miens.
L’assaisonnement ayant pris, me voici pris dans une sorte de tourbillon, ou mes clients disparaissent, annulent sans explications les bons de commandes signés ; et je constate au petit matin que mon bureau, mes dossiers et mes petits stylos se déplacent durant la nuit.

De plus haut, le responsable commercial commence lui aussi ses investigations quotidiennes.
Mes factures téléphoniques sont épluchées, les comptes rendus se faisant le samedi soir à 19h30 par téléphone après une journée de travail sur le terrain, et ou il m'est reproché de jouer au sudoku durant la pause déjeuner.
Sans oublier les réflexions désobligeantes durant la réunion commerciale matinale.
Évidement tout cela durant l'absence de mon supérieur hiérarchique direct.

D'humeur à éviter tous les conflits avant que les choses ne s'enveniment, me voilà reçu par le Directeur Général, de retour de vacances lui aussi, entretien durant lequel je n'ai pu placé un mot, face à un personnage qui s'est contenté de trancher sans jamais entendre ce que j'ai essayé de lui dire, ne s'appuyant que sur les arguments de notre cher responsable commercial, qui avait pris soin de construire un beau petit dossier à mon sujet, tout prêt à être remis au grand patron, à sa sortie de voiture.

On ne me laisse pas le choix : la rupture conventionnelle, les indemnités, et le droit aux allocations chômages. Je dois donner ma réponse le lendemain.

Ne sachant plus où je me situe, ayant le sentiment d'être impuissant face à une machination, mon responsable direct absent, je valide la merveilleuse proposition gardant à l'esprit que j'allais vite rebondir, car tout cela s'est passée de manière très diplomatique, l’entretien de la veille mis à part.

Quelques jours plus tard, les papiers signés, le chef rentre de vacances, ne comprenant pas pourquoi on a chamboulé son équipe lors de son absence et le fait savoir au petit nouveau, sur un ton assez fort, me dit il en s'excusant.

Essayant de minimiser la chose et me témoignant sa déception, il me promet de m'aider, de me recommander dans mes futures recherches d'emplois. Me voilà regonflé, confiant, essayant de tirer une leçon de mon échec.

Je décide de postuler rapidement, curriculum vitae actualisé et lettre de motivation rebâtie.
Et bizarrement tous les entretiens sont positifs, mais se soldent par des refus. Je commence à me poser des questions.

Au bout de 11 mois toujours rien à l'horizon, et je me souviens des quelques semaines de recherches effectives pour être embauché sur le poste précédent.
Et voilà, la fin des droits aux allocations se fait savoir, les économies sont à secs, il faut payer le loyer, les crédits.

Je garde espoir et tant mieux, le pôle emploi me propose une formation avec à la clé un job dating, parmi une sélection d'Entreprises qui doivent recruter.
L'entretien ne fait pas un pli je suis sélectionné sans traîner par l’organisme de formation, au vu de mon expérience, me rapporte on.

Durant ce job dating, pas un seul concessionnaire n'a souhaité me rencontrer, et lorsque j'interroge les organisateurs, on me rapporte clairement qu'ayant déjà travaillé pour cette entreprise, on nous a dit que vous étiez parti en très mauvais termes.

Merci Madame le Directeur de Ressources Humaines, de ternir sans scrupules la réputation d'un jeune, dans une période de crise économique.

Et je ne suis qu’un petit récit parmi tant d’histoires de la sorte. Combien de gens ont du subir ce genre de manipulations néfastes ? Faut il être récalcitrant comme tant de jeunes finalement ? Perte d’emploi, fins des ressources, le processus est enclenché.

HKR

 

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