Le coiffeur traverse une mauvaise passe, il devient proxénète

C'est un coup de foudre (réciproque) pour une jeune maman mauricienne qui a fait basculer la vie de Fabrice T., 43 ans, coiffeur à la tête de trois salons, cogérés avec son épouse. Cette dernière comprend vite son infortune et c'est le patrimoine conjugal qui est dilapidé dans le divorce.
Lorsque Fabrice T. se met en ménage avec sa compagne de l'île soeur, il ne peut plus mener le train de vie qu'il avait quelques années auparavant. Dans le nouveau couple, les difficultés financières croissent et dans l'esprit de Fabrice T. les idées germent.
Il réussit à convaincre sa compagne de vendre son corps et ses charmes à des hommes pour alimenter le budget du couple.
Lorsque Fabrice T., culpabilisant, déclare à la barre "je ne suis pas fier de moi", le procureur Pierre Martello décortique "l'entreprise" que le prévenu avait mis à la disposition de la jeune femme prostituée: un studio loué à Saint-Gilles, un site internet "construit" à cette seule fin et plusieurs pseudos pour multiplier les clients, le "catalogue" numérique des prestations et de leurs tarifications. Sans compter les kits d'hygiène et de défense.
Et d'ailleurs, lorsque Fabrice T. conduisait sa compagne de Saint-Louis, où il demeure à Saint-Gilles ou encore Saint-Denis où elle faisait le trottoir, il restait à proximité, au volant de son 4 x 4, pour assurer sa sécurité. Un véhicule qui appelle d'ailleurs cette remarque cinglante du ministère public: "si vous aviez des difficultés financières, vous auriez pu revendre ce 4x4 et rouler dans une voiture plus modeste". La réponse naïve et révélatrice fuse de la bouche du coiffeur: "C'est un 4x 4 qui vaut 100 000 €, ce n'est pas facile de trouver quelqu'un qui a les moyens de l'acheter".
La jeune femme s'est prostituée pendant près de trois mois, et son souteneur relativise les gains qu'elle a réalisés. A peine 1000 €, selon lui. Difficile à croire, puisque les enquêteurs ont déniché une liste d'une centaine de clients. La jeune femme est venue témoigner à la barre, qu'elle était d'accord pour se prostituer et que son compagnon ne l'a pas obligée.
Pour Me Saïd Larifou, avocat de Fabrice T., il s'agit d'un "moment d 'égarement" et d'une "activité accidentelle". "Rien à voir avec un vaste réseau d'exploitation de la femme". Fabrice T. a été condamné à un an de prison avec suris et 10 000 € d'amende.
Les débats n'ont pas permis de savoir s'il a toujours son 4 X 4. Il a relancé un salon de coiffure et sa compagne l'assiste. On ignore si elle utilise du shampoing, aux oeufs.


