Azalées éditions liquidées dans l'indifférence !

Quelques chiffres simples suffisent à « résumer » les éditions Azalées : plus de 30 années d’existence (création en 1981), plus de 300 titres publiés, plus de 100 auteurs portés à la connaissance du plus grand nombre !
Tout cela va être balayé d’un revers de manchette par une justice qui ne fait que son travail, certes, mais cela aurait pu être évité.
Beaucoup est à mettre à l’actif de cette vieille entreprise. En vrac…
Le merveilleux petit ouvrage de Claire Bosse « Ca Bourbon même », plusieurs fois réédité – Les « Contes » d’Isabelle Hoarau, qui continuent de se vendre plusieurs décennies après la première édition – Les « Nouvelles chroniques » de Jacques Lougnon – L’intégrale de Leconte de Lisle – Le « Dictionnaire du peuplement » ou « Les 500 premiers Réunionnais », toujours en vente depuis 1994 – Trois tomes des « Dames de Bourbon » - Les extraordinaires romans historiques de Pascale Moignoux, dont « Graine de bagnard », auréolé de succès – Les « Trésors du patrimoine » de Daniel Vaxelaire – L’excellent Dictionnaire créole d’Armand Gunet – Une impressionnante série d’ouvrages sur les Indiens de Bourbon, de Jean-Régis Ramsamy – Plusieurs tomes d’une Histoire thématique que Frédéric Payet met à la portée du plus grand nombre – Une histoire exhaustive, richement documentée et illustrée du prince Vinh San, acteur essentiel de notre histoire récente, par son fils, Claude – De très nombreux albums de photos – Les succulents récits ou romans d’Albert Elie, Mussard, Douyère ou David Huet (Ti Krévèr) – Nombre de documents et romans concernant Madagascar et notre histoire commune – Les surprenants et émouvants souvenirs de Jean-Pierre Boyer – Des ouvrages culinaires à foison – L’achèvement par votre serviteur, 160 ans plus tard, du roman d’Eugène Dayot, « Bourbon pittoresque »…
Tous ces ouvrages, dès leur parution, ont toujours obtenu un accueil très favorable de la part de tous les organes de presse, tous supports confondus. Le public a suivi comme un seul homme tant que les habitudes de lecture n’ont pas évolué vers d’autres formes d’écriture, car on ne lutte pas facilement contre l’inéluctable.
D’autres titres de gloire sont à porter au crédit d’Azalées. D’abord un combat acharné contre les tentatives ridicules de créer de toutes pièces une orthographe contraire à la logique. Un combat plus que justifié quand pas moins de 4 tentatives de KWZ et autres trémas (pourquoi pas des doubles slashes //, tant qu’ils y sont ?) ont piteusement échoué. Mais les thuriféraires de ces essais abscons obtiennent malgré tout subsides sur subventions des pouvoirs publics, soi disant garants de la culture populaire ! Sans résultat, ça va de soi.
Autre combat, couronné de succès, avec d’autres intervenants, la lutte obstinée contre la MCUR de sinistre mémoire qui n’a pas enrichi la culture locale mais bien celle de ses promoteurs et directeurs fictifs !
Outre ses propres publications, Azalées assurait aussi la diffusion des ouvrages publiés par d’autres éditions, dont celles d’Océan et de notre vieil ami Firmin Lacpatia.
Enfin, je n’aurais garde d’omettre les actions humanitaires à Madagascar, qui n’ont jamais soulevé le moindre intérêt chez les pouvoirs publics mais ont reçu, en revanche, une adhésion enthousiaste du public.
C’est tout un fonds littéraire de plus de 300 000 euros qui va être dispersé aux quatre vents.
Il ne s’agit pas de nier les erreurs tactiques d’Azalées. Comme les nombreux livres de poèmes. Mais qui ne commet jamais d’erreur ? Faut-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain ? S’il s’agit de remonter à la première erreur à l’origine de tous les maux, on aurait vite fait de guillotiner Adam et Eve, pendre Christophe Colomb et rendre Gibraltar aux singes !
Ce désastre culturel et commercial aurait été aisément évité si les pseudo responsables de l’éducation et de la culture avaient joué le jeu. Au lieu de dilapider des millions d’euros dans des Cases à Lire qui recueillent glorieusement 7 adhésions par an : il y a des centaines de bibliothèques primaires, secondaires ou municipales qui ne s’en porteraient pas plus mal.
Les clients d’Azalées sont catastrophés. Le public aussi. L’attitude des décideurs et autres financiers est impardonnable. Et ils en sont fiers ! Merci les présidents, présidentes, maires et mairesses et toute la galerie. Car vous n’êtes, au final, que ça, une galerie, une exposition d’immobiles figés, comme dans un Musée de cire.
Jules Bénard


