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Kolèktif Domoun

Ecrit par zinfos974 – le mardi 10 septembre 2013 à 11H32
Le “Kolèktif Domoun” est un regroupement informel de personnes, se questionnant sur le devenir de l'île de La Réunion.
Un territoire  confronté à la réalité de la mondialisation des échanges à la fois humain, culturel et économique. Une île réunionnaise qui s’est lancée, depuis sa départementalisation, dans une course effrénée vers le progrès, sans doute nécessaire, tout en se délestant de tout un pan de son patrimoine jugé trop archaïque et encombrant. Une île réunionnaise où la place de sa jeunesse, malmenée, désarçonnée, oubliée, désemparée est à retrouver pour pouvoir supporter et assurer la pérennité du monde de demain.
Il nous semble totalement aberrant et illusoire de vouloir penser une société sans tenir compte du contexte à la fois géographique, historique, culturel, cultuel et économique dans lequel il évolue.  
 
C’est pourquoi notre Koléktif s’intéresse à l’un de ces aspects, à savoir la préservation des sites historiques, et plus particulièrement celui du Lazaret n°2 de la Grande-Chaloupe. 
En août 2012, à la demande du Conseil Général, débute un chantier de fouilles archéologiques (chantier qui sera par ailleurs officiellement inauguré le 27 septembre). Des corps y sont découverts et seront alors exhibés au grand public lors des journées européennes de cette même année. Ce passé mis à nu, brutalement exhumé, suscite une vive émotion auprès des personnes présentes. Les réactions s’enchaînent et aboutissent aux conséquences que l’on sait. 
Faut-il le rappeler ? La relation avec nos morts forge notre identité. Nos ancêtres attestent de nos origines et sont les témoins de la continuité de notre peuple. Les os déterrés ont une profondeur mémorielle, une valeur sacrée. Les successions des opérations archéologiques, pilotées par les institutions de la place, reflètent une grande négligence vis à vis de notre conception du monde. 
Par ailleurs, depuis plusieurs années, les ossements des marrons retrouvés sur différents sites de l'île, sont malmenés, non répertoriés, se perdent... Tout ceci reflète encore le manque de considération pour l'Histoire du peuple réunionnais. Un peu moins de légèreté, plus de responsabilité et de respect sont exigés pour assurer pleinement la transmission de ces traces mémorielles. «Na tro lo zo i pèrd dann péi la ! »
 
Dès le mois de février, nous nous sommes exprimés sur le devenir et la place réservée aux découvertes réalisées sur plusieurs sites. Nous avons par la suite sollicité une audience auprès des institutions responsables de ces questions, en l’occurrence le Conseil Général. A deux reprises on nous a assuré de la bonne prise en compte de notre requête et la mise en place imminente d’une réunion. 
Cependant cette rencontre ne s’est jamais produite. Nos élus, ces représentants du “bon peuple” au sein des institutions publiques, ne sont pas enclins à recevoir un koléktif domoun s’interrogeant sur la gestion et le devenir de notre patrimoine archéologique. Nous ne sommes en aucun cas des donneurs de leçons, des redresseurs de torts ou ne saurais-je quels moralisateurs se bornant à des discours accusateurs stériles. Bien au contraire, le devoir de mémoire ne correspond à aucun schéma ou solutions préétablies. Pour nous, il se doit d’être en constante adéquation avec la société et les acteurs du moment.
Serait-ce alors un crime de lèse-majesté que de demander audience à nos décideurs afin d’obtenir quelques informations sur la gestion de notre héritage culturel ?
 
Kolèktif Domoun.

 

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