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Election malgache en 2013: Les jokers de Rajoelina
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Ecrit par zinfos974 – le lundi 9 septembre 2013 à 14H29

Sous la pression de la SADC et du GIC-M, la transition malgache s’achemine, bon gré mal gré, vers le premier tour de la présidentielle fixé au 25 Octobre 2013…
/ACCORD INTERNATIONAL ?/
D’après le communiqué officiel (http://www.peaceau.org/fr/article/conclusions-de-la-8eme-reunion-consultative-du-groupe-international-de-contact-sur-madagascar-gic-m), le GIC-M ou Groupe International de Contact sur Madagascar - incluant notamment des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies à savoir Rwanda, Togo, Chine, États-Unis, France, Fédération de Russie et Royaume Uni - a donc mis fin à ses désaccords nés de la validation par la première Cour Electorale Spéciale malgache des candidatures de Lalao Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Andry Rajoelina: « […] Le Groupe a notamment relevé la recomposition de la Cour électorale spéciale (CES) ; l’élimination, par la nouvelle CES, des candidatures illégales de la liste des candidats à l’élection présidentielle ; la publication, par la CES, d’une liste définitive de 33 candidats remplissant les conditions légales requises pour pouvoir participer à l’élection présidentielle ; et l’adoption par la Commission électorale nationale indépendante pour la Transition (CENI-T), conjointement avec les représentants des Nations unies, d’un calendrier révisé pour la tenue des prochaines consultations électorales fixant au 25 octobre 2013 le 1er tour de l’élection présidentielle, et au 20 décembre 2013 un éventuel 2ème tour couplé aux élections législatives. […] » .
Compte tenu du contexte d’insécurité lié à la crise politique malgache, « […] Le Groupe a également exhorté tous les acteurs internationaux concernés à prendre les dispositions requises en vue du déploiement de missions d’observation à long et à court termes, soulignant la nécessité d’une vigilance continue pour garantir l’intégrité du processus électoral. De même, le Groupe a souligné la nécessité d’un appui logistique et en matière de renforcement des capacités en faveur des forces de sécurité malgaches pour leur permettre d’assurer une sécurisation adéquate du processus électoral. […] ».
/ENJEUX MONDIAUX…/
Derrière cet accord des grandes puissances, la course à la présidentielle malgache révèle des enjeux stratégiques considérables, liés aux richesses du sous-sol et notamment des gisements offshores « sur la partie malgache, estimés à 17 milliards de barils de pétrole et 167 000 milliards de pieds de m3 de gaz» d’après l’état d’évaluation des réserves de pétrole et de gaz du Canal de Mozambique par L’US Geological Survey, cité par « les Afriques » (cf: http://fanorenana.blog.lemonde.fr/2013/09/06/les-secrets-profonds-de-la-crise-malagasy/#.Uio4qQbXIsI.twitter): selon cette source, « […] Le problème le plus épineux au sein du Canal de Mozambique, sont les îles Eparses : Juan De Nova, Europa et Bassas Da India qui ont un potentiel pétrolier et gazier extrêmement gigantesque. […] En mars 2012, Total a offert près de 113 millions de dollars pour le rachat de Wessex Exploration PLC qui détient 70% des droits d’exploration offshore et d’exploitation d’un des deux permis sur deux blocs au large de l’île de Juan De Nova. […] ».
Rappelons que la France a délimité par décret la zone économique exclusive (ZEE) en février 1978 qui « s’étend, au large des côtes des îles Tromelin, Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India depuis la limite des eaux territoriales jusqu’à 188 miles marins au-delà de cette limite, sous réserve d’accords de délimitation avec les Etats voisins. » (source : « Juan de Nova, du gaz dans l’eau entre Madagascar et la France », par Patrick Rakotomalala, Mars 2012)
De source malgache, la zone économique exclusive (ZEE) de Madagascar, créée tardivement en 1985 jusqu’à 200 mille marins et incluant géographiquement Juan de Nova, recouvre une superficie de 1.140.000 km², dépassant largement la superficie terrestre de Madagascar (587.000 km²) et les eaux territoriales (à distance de 12 miles nautiques) estimées à 111.000 km².
De quoi alimenter les caisses de l’Etat et les programmes de développement à long terme de Madagascar si MM. Fabius et Hollande – sans oublier Total, principal « occupant » de Juan de Nova ? - acceptaient le principe de cogestion, appliqué par ailleurs aux cas des iles Tromelin par un « accord-cadre de cogestion économique, scientifique et environnementale signé entre la France et l’Ile Maurice le 07 Juin 2010 » (source : Patrick Rakotomalala, ibidem).
/… ET MALGACHO-MALGACHES !/
L’avenir des ressources du Canal de Mozambique et des richesses du sous-sol de la Grande Ile sous-tend ainsi les manoeuvres des grandes puissances représentées au sein du GIC-M, avant le premier tour de la présidentielle malgache, tant de fois reporté et dernièrement fixé au 25 Octobre 2013.
Après la radiation des trois noms controversés, les jeux semblent ouverts entre les 33 candidats restants, même si le président de transition malgache Andry Rajoelina garde un contrôle sur l’administration en plaçant un fidèle au poste de Vice-Premier Ministre du Développement et de l’Aménagement du Territoire – exerçant la tutelle du Ministère de l’Intérieur- et dispose d’un super-joker en la personne de son Ministre des Finances Hery Rajaonarimampianina, candidat de dernière heure qui va brouiller les cartes face à plusieurs autres dauphins au sein même de la mouvance présidentielle, dans la perspective d’un plan B à la Poutine « façon malagasy » (ady gasy) … en 2018 !
Par Adygasy-systemD ce 09 Septembre 2013
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