Réponse à Paul Junot : Ça va aller en empirant, hélas.

Réponse à Paul Junot :
Ça va aller en empirant, hélas.
Les 600 lecteurs enregistrés suite au courrier « Quelle vision pour La Réunion » me semblent bien insuffisants eu égard à la pertinence du propos. Je ne peux qu’inciter les amateurs d’opinions justes à y courir illico. C’est long ? Même pas car notre syndicaliste campeur sait ne jamais ennuyer son lecteur ; il a les mots justes, qui frappent sans jamais être méchants.
Malheureusement, mon cher Junot, si je souscris totalement à ta vision des choses, je crains en même temps que la situation ne fasse que s’aggraver et c’est déjà le cas. Les statistiques révèlent ainsi que plus de la moitié de la population de l’île vit en-dessous du seuil de pauvreté, triste record de France ! Voilà maintenant que la bouteille de gaz va encore péter.
Hélas, trois fois hélas, disait le seul visionnaire ayant jamais dirigé le pays, on ne peut accuser personne ou, plutôt, il faut tous les accuser. Les naïfs angéliques (pléonasme) dont je fais partie pensaient que peut-être un socialiste arriverait, sinon à changer le monde, au moins à améliorer un peu les choses. Tiens, fume !
La Réunion n’échappera pas au marasme mondial toute seule. C’est le monde qu’il faut changer. La Réunion changera de sort quand la France changera ; cette dernière elle-même n’ira mieux que lorsque le monde ira mieux.
Quand une seule orange est pourrie, c’est tout le panier qui suit la tendance, et non l’inverse. Et qui est susceptible de changer le monde ? Certainement pas les pouvoirs actuels (dans tous les pays) qui ne font que rouler dans les ornières tracées depuis longtemps par leurs prédécesseurs. Tu as raison : on ne change pas une situation en raisonnant avec les mêmes termes qui ont prévalu à la création de cette situation désastreuse. La mondialisation, l’ultralibéralisme, la loi des marchés et l’ultra-capitalisme sont responsables de l’état actuel de la planète. C’est prouvé, c’est reconnu, mais personne n’ose s’attaquer de front à la situation.
Tous les dirigeants clament que les entreprises, favorisées, sont les seules entités aptes à créer du mieux. Dans l’état actuel des choses, penser ainsi est criminel ! Les entreprises ne créent du mieux que pour elles-mêmes. La preuve ? En période de crise, elles doublent leur fortune tous les 4 ans. Pendant que nous vivons de plus en plus mal.
Il y a 20 ans encore, une entreprise engrangeant un bénéfice annuel de 7% hurlait au miracle. Aujourd’hui, à moins de 20%, on vire le gérant. Cherche l’erreur. Or, qui fait la richesse d’une entreprise sinon le travailleur de base ? S’il est normal, logique qu’une société engrange des plus-values et redistribue des dividendes à ses actionnaires, cet enrichissement doit aussi profiter à ceux qui triment. Au lieu de contraindre ces derniers à aller quémander un secours dans un CCAS, aux Restos du cœur, à la Croix-Rouge.
Qui plus est, on n’ira pas mieux tant que le Tiers-Monde ira de plus en plus mal. A quoi sert à la Côte-d’Ivoire d’être le premier producteur de cacao si cela ne conduit qu’à engraisser les chocolatiers belges, suisses ou américains ?
Les élections approchent et la droite veut remettre en place Sarkozy et ses affidés. Ceux-là mêmes qui ont augmenté le niveau général de la cagade dans laquelle tente de surnager les 9 dixièmes de la population mondiale. Dont nous. Les socialistes ? Ils adorent le caviar et nous enfument avec les œufs de lump.
Bien amicalement,
Jules Bénard


