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Quelle vision pour la Réunion ?

Ecrit par zinfos974 – le dimanche 25 août 2013 à 12H58

La France,  un pays riche avec trop de pauvres

M. Chérèque viendra à la Réunion pour évaluer la pertinence des aides aux plus pauvres et faire le constat de la situation de la pauvreté sur le territoire.

En 1988 M. Rocard donne le RMI à  2 millions de personnes sans ressources avec pour  but l'insertion. En fin 2012, plus de 2 140 000 personnes touchent le RSA. Échec de la politique d'insertion. Rien d'étonnant. L’absence de vision globale long terme  oblige les politiques à toujours user des vielles recettes.

Depuis plus de 30 ans, les gouvernements ne  proposent que des soins palliatifs (contrats aidés,  jeunes, d'avenir, de génération...) sur un grand corps malade. Ces contrats ne font que gommer les effets les plus flagrants du libéralisme, sans jamais réellement traiter le problème de fond.

Dans le même temps la fortune des plus riches augmente. Selon ‘’Challenges n°353’’, avec 330 milliards €, la fortune des 500 français les plus riches a progressé de 25% en un an. Jamais depuis 1996 leur fortune globale n’avait atteint un tel sommet. En 10 ans ce chiffre a plus que quadruplé alors que le produit intérieur brut (PIB) lui n’a fait que doubler. Ces 330 milliards  de richesse professionnelle représentent 16% du PIB ou encore 10%  du patrimoine financier des français évalué à 3400 milliards. Soit 1/10 de la richesse entre les mains de 1/100 000 de la population. Et tous les ans, bon an mal an, 20 à 25 milliards € disparaissent dans les paradis fiscaux.

Un constat d’echec pour La Réunion

L’état de la Réunion n’est pas la conséquence d’une fatalité ni d’une malédiction, mais d’une absence de vision globale cohérente  et orientée vers le bien commun, dans la dignité, la responsabilité, la vérité et la justice et surtout intégrant l’homme dans toutes ses dimensions : matérielle, mais aussi psychologique et spirituelle. Les prophètes de l’explosion sociale, auto proclamés visionnaires, se sont révélés être  des  gestionnaires à la petite semaine en 30 ans de pouvoir. Les plans de développement basés essentiellement sur la dimension matérielle de la société et de l’homme promettant le bonheur avant chaque élection donnent toujours plus de chômage, de pauvreté et d’injustice.  

 L’Outre-mer français, a connu au cours de la décennie qui a précédé la crise de 2008 une croissance économique remarquable portée par le secteur marchand. Pour autant, la croissance économique observée n’a permis de réduire ni les inégalités ni les taux de pauvreté.

Un nécessaire changement de paradigme ...

« Le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion. Un problème créé ne peut être résolu en réfléchissant de la même manière qu’il a été créé. La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent.  » selon Einstein.

Dans  ‘’Essais de persuasion’’  J.M.Keynes  écrit ’’le problème économique est bref, ce problème du besoin et de la pauvreté et cette lutte économique entre classes et entre nations, tout cela n’est qu’une effroyable confusion, une confusion  éphémère et sans nécessité. Pour venir à bout du ‘’Problème Economique’’ qui absorbe maintenant nos énergies morales et matérielles, le monde occidental possède déjà en effet les ressources et les techniques nécessaires ; il lui reste à créer l’organisation capable de la mettre en œuvre de manière adéquate ».

Pour Galbraith, ’’au moment où la crise éclate en 1929, la disparité des revenus s’était dramatiquement creusé aux Etats-Unis’'.

Selon Lionel Stoléru, « Si les salaires américains avaient crû au rythme de la croissance américaine, beaucoup de ménages auraient pu acheter leur logement sans les crédits subprimes »  et les banques centrales n’auraient pas été dans l’obligation d’injecter dans le monde des centaines et des centaines de milliards pour revitaliser une économie mondiale menacée d’effondrement.

Selon Michel Rocard  « l’âpreté au gain de cette nouvelle race de rapaces actionnaires et dirigeants pousse aujourd’hui les entreprises à la fraude ».

Selon Muhammad Yunus  Nobel de la paix 2006: « La pauvreté dans le monde est une création artificielle. La théorie du libre marché souffre d’une ‘’défaillance de conceptualisation’’ d’une incapacité à saisir l’essence même de l’humain. Tel qu’il est conçu, le concept de libre marché suppose que les hommes sont des êtres unidimensionnels, qui recherchent uniquement la maximisation du profit. Mais la liberté des marchés ne serait pas menacée si toutes les entreprises ne recherchaient pas uniquement à maximiser le profit ».

Selon l’AFD : ‘’ L’Outre-mer français, a connu au cours de la décennie qui a précédé la crise de 2008 une croissance économique remarquable portée par le secteur marchand. Pour autant, la croissance économique observée n’a permis de réduire ni les inégalités ni les taux de pauvreté.’’

….pour l’affirmation de la dimension spirituelle

Les crises, avant d’être un problème d’argent, sont d’abord un problème d’idéologie qui ne voit de bonheur pour l’humanité que dans la course à l’accumulation de richesses matérielles, où l’avoir matériel prime sur l’être essentiel sans autre considération morale ou spirituelle.

Ces systèmes, libéralisme, socialisme, communisme,  capitalisme sont concomitants d‘une explosion des inégalités entre les nations et entre les hommes dans les nations. Par le gonflement des bulles qui explosent, par la formation des rentes au détriment du travail, ces systèmes déstabilisent en permanence l’économie et amorcent une bombe sociale à retardement.

De cette inconscience de la dimension spirituelle,  naissent toutes les crises. Cette ignorance initiale engendre la confusion d’où naît la frustration, l’angoisse et la peur. « La possession d’argent apaise notre inquiétude et celle-ci se mesure à la prime que nous exigeons pour nous séparer de cet argent » selon Keynes. La consommation matérielle outrancière et les comptes en banque donnent l’illusion de sécurité croyant dissoudre les angoisses inconscientes  par l’assouvissement d’une soif insatiable.  Partout dans le monde ces systèmes censés faire le bonheur de l’humanité mènent à la faillite et causent malheur.

Le  vrai problème est d’abord en soi. Pour transformer notre société,  il faut au préalable se transformer soi même en profondeur. L’émergence d’une conscience intégrale de l’être permet une vision globale de la société et des hommes. Alors, la conscience d’être, prime sur l’avoir et le paraître.

A défaut, les crises financières ressurgiront toujours d’une façon ou d’une autre, parce qu’on ne  saura pas mieux maîtriser les relations de la finance et de l’économie réelle tout le temps que l’homme n’aura pas dépassé le ’’désir morbide de liquidité’’  qui renvoie à ’’la pulsion de mort’’ nichée au cœur du capitalisme, pulsion qui le pousse à détruire et à s’autodétruire selon Keynes approuvé par Freud.

Sans cette prise de conscience fondamentale, on pourra réformer, fignoler, bricoler tous les plans de développement possibles, avec tous les outils techniques  que l’on pourra inventer. Au fond rien ne changera. Bien au contraire la dérive actuelle continuera de crise en crise. Nous faisons cela depuis des générations et les crises demeurent et s’aggravent.

Dés lors que la dimension spirituelle inspire et dirige la politique, et les affaires, alors face à l’évolution du monde, à ses défis, aux crises répétitives,  aux aléas climatiques, La Réunion aura les moyens et le pouvoir de subvenir aux besoins prioritaires de sa population, seule façon pour notre territoire d’atténuer les secousses d’une mondialisation sur lesquelles nous n’avons aucune prise pour les infléchir et encore moins pour les dévier. Les patrons comprendront alors la nécessité de répartir équitablement  les richesses, comprenant enfin que les salariés des uns sont les clients des autres et que les salaires des uns font le chiffre d’affaire des autres. Toutes les grandes entreprises implantées sur le territoire, oublieront le service d’eux-mêmes pour la primauté au service du territoire,  en comprenant  alors que leur enrichissement ne peut se faire au détriment du territoire et de sa population, car en  appauvrissant   ceux qui sont à la source de leur enrichissement elles  finiront alors  par s’appauvrir aussi, avant de quitter le territoire devenu désert économique. Restera au politique le devoir  de définir le cadre législatif d’un compromis économique et social vertueux pour réunir les conditions  d’une telle société de fraternité et de responsabilité.

Les fondations de toute société

Par cette approche, La Réunion sera une terre de paix où chacun par le travail et la responsabilité sera à même de vivre dignement. Un territoire où les Hommes forts dans leur cœur et leur esprit pourront satisfaire aux besoins prioritaires  de sa population, ne subissant plus les influences extérieures pour les besoins essentiels et le  bien commun. Cela exige une approche holistique  de l’homme et de la société qui fera de chacun un acteur responsable de la construction de son destin et de la Réunion.

Parce que l’avenir n’est qu’une succession de présents, que demain commence aujourd’hui, ce travail  doit commencer maintenant.  A défaut de cette nouvelle conscience nous resterons toujours sous le joug de quelques politiciens animés par l’amour du pouvoir jusqu’à ce qu’une  crise majeure tel un violent électrochoc vienne forcer notre évolution et nous faire découvrir le pouvoir de l’Amour.

 

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