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700.000 euros pour les requins : Mais lesquels ?

Ecrit par zinfos974 – le lundi 6 août 2012 à 11H29

Dernière stupidité du jour, on va accorder 700 000 euros pour une étude sur les requins ! "Entendre ça et mourir enveloppé dans une peau de banane", aurait dit mon deuxième papa.
 

Dans cette lamentable affaire, on a dit tout et n’importe quoi. Commentaires surabondants dans les journaux et sur les ondes. Il serait enfin bon que ceux qui n’y connaissent rien la ferment ! Raconter des idioties rien que pour le douteux plaisir d’entendre sa voix n’enrichit pas la discussion.
 

Il y a des éléments incontestables. Le premier, le plus triste, est qu’un malheureux jeune homme est mort. Insister sur sa gentillesse (réelle, là n’est pas le propos) n’a fait qu’augmenter la douleur de ses parents et amis mais ne change rien à l’affaire. Eût-il été un sinistre individu, il n’aurait pas mérité de mourir ainsi. La douleur et l’incompréhension ne doivent pas être sélectives !

Le deuxième est que le requin n’est pas un misérable assassin. C’est un chasseur, aidé par son aisance dans son milieu naturel. Le vouer aux Gémonies n’élève pas le débat.
 

Le troisième est que plus il y a de gibier, plus les prédateurs affluent. Il y a du poisson et des surfeurs, des body boarders, des baigneurs, des pêcheurs en constante augmentation. Plus une pollution en croissance vertigineuse (les piscines ne sont pas les seules fautives). Telles sont les éléments patents. Le reste n’est qu’agitation stérile.

La réserve marine ? Elle y est pour quelque chose sans doute mais pas en tant que telle. C’est son installation au milieu d’aires de baignade qui est à dénoncer. Ses gestionnaires jurent leurs grands dieux que non. Ben voyons ! Vous avez déjà vu des responsables administratifs admettre leurs erreurs, une fois, rien qu’une seule ? Peut-on sermonner un requin, lui expliquer que ce qu’il fait, ce n’est pas bien ? Non ! Doit-on opérer un massacre général des requins ? Non ! Il en viendra d’autres. Doit-on interdire la mer au grand public ? Non plus !
 

Des solutions existent. Les filets par exemple. Mais ceux qui savent, les pontes, les supérieurs à nous autres, nous expliquent doctement que ce que les Australiens ou les Sud-Africains ont pu faire, nous sommes trop cons pour faire la même chose ! Bref, nous sommes coupables de bêtise crasse. Donc, on va cantonner les baigneurs aux seuls endroits vraiment sûrs : la plage de Saint-Pierre et une partie du lagon de Saint-Gilles. Quant aux sportifs, surfers et autres, qu’ils se fassent une raison et renoncent désormais aux nombreux trophées qu’ils récoltent haut la main chaque année.
 

Jacques Lougnon a écrit, voici trente ans, qu’on ne peut faire vivre l’homme et la nature en apartheid, chacun de son côté. Il y a une nécessaire interpénétration qui peut être harmonieuse si l’on choisit les bonnes solutions.
 

Les pêcheurs, les baigneurs, les maîtres-nageurs, les surfers, les plongeurs, les amis de la nature ne sont ni de sombres abrutis ni des individus farouchement opposés. Lorsqu’il y va de la survie d’humains et d’activités importantes, il serait opportun de réunir les plus sensés d’entre eux et de les inviter à discuter sans passion. Je vous fiche mon billet qu’ils trouveront des solutions de bon sens.

On a déjà, par facilité, enfermé notre île dans des grillages métalliques. On ne va pas désertifier notre littoral en plus ! Le plaisir de notre population et l’intérêt économique du pays n’y survivraient pas.
 

Mais… Quoiqu’il en soit, la solution ne passe pas par 700 000 euros de subventions à un groupe qui va étudier les requins. Parce que le comportement des requins, on le connaît depuis un sacré bail ! Les ichtyologistes ont pondu des centaines de milliers de pages sur la question. Un condensé de leurs travaux serait utilement mis à la disposition du brain storming que j’évoquais ci-dessus et les choses pourraient assez vite évoluer. Mais certainement pas en accordant un gaspillage supplémentaire de 700 000 euros à des requins qui ont déjà flairé le gâteau et accourent à la curée, tous ailerons dehors !

Ecartons la passion et faisons confiance au bon sens. Pour une fois.

Jules Bénard

 

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