40 entreprises locales s'engagent pour la diversité dans l'emploi

Elle fêtera l'an prochain ses 20 années d'existence. Créée en 2003 par 33 entreprises fondatrices, la Charte de la diversité ambitionne de passer la barre des 5.000 signataires dans les prochains mois, selon le délégué général de l'association « Les entreprises pour la cité » Yann Tanguy, actuellement dans l'île dans le cadre d'un Tour de France de la diversité dont La Réunion constitue l'ultime étape.
La Charte de la diversité s'appuie sur six principes intangibles que les employeurs s'engagent à respecter et à mettre en œuvre :
- Sensibiliser et former nos dirigeants et managers aux enjeux de la non-discrimination et de la diversité.
- Promouvoir l'application du principe de non-discrimination sous toutes ses formes.
- Favoriser la représentation de la diversité de la société française au sein des effectifs.
- Communiquer son engagement auprès de l'ensemble de ses collaborateurs, clients, partenaires et fournisseurs.
- Faire de l'élaboration et de la mise en œuvre de la politique de diversité un objet de dialogue social.
- Évaluer régulièrement les progrès réalisés.
Ce mardi après-midi, dans les murs de la préfecture, plus de 40 entreprises membres du club « Les entreprises s'engagent » de La Réunion ont signé la Charte, après avoir notamment écouté le témoignage de Mathis, un jeune homme qui a trouvé sa voie professionnelle au sein d'un salon d'esthétique pour femmes. L'assistance a aussi pu suivre une table ronde sur les discriminations dans le monde du travail.
Pour Yann Tanguy, une bonne façon pour un employeur de s'interroger sur son rapport à la diversité consiste à observer son entourage, par exemple son conseil d'administration, afin de s'assurer qu'il n'est pas le reflet de sa propre image. « La cohésion et la diversité au sein des équipes est un facteur de réussite économique, ce n'est plus à démontrer car des études le prouvent », assène celui qui est aussi le secrétaire général de la Charte pour la diversité.
Face à des entreprises allant des TPME jusqu'aux filiales de sociétés du CAC40, Yann Tanguy n'hésite pas à manier la carotte et le bâton, arguant à la fois du besoin de donner une bonne image que du risque, en cas de discrimination avérée, d'être poursuivi en justice.
« À La Réunion, nous n'avons pas trop de problèmes avec la diversité. Le vivre-ensemble est naturel dans la société réunionnaise, mais ce n'est pas irréversible », avance pour sa part le préfet Jérôme Filippini, qui poursuit : « Mais ne nous arrêtons pas au premier regard car la diversité n'est pas forcément visible. Je pense notamment à l'orientation sexuelle, cela ne regarde personne. »
Plus de vingt-cinq critères sont reconnus aujourd'hui comme pouvant constituer une discrimination dans le monde du travail, des préjugés racistes hélas banals jusqu'au fait de se voir refuser un poste parce que l'on se trouve en situation de précarité bancaire.

La patronne d'un salon d'esthétique a témoigné de son pari d'avoir recruté un homme, lequel a dû faire face aux réactions négatives de sa famille.


